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Anatomie du désir : Créer un équilibre émotionnel par la pratique spirituelle de l’étude de soi (version française)

vivekananda Mercredi décembre 1, 2021

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vos désirs sont si forts ?
Pourquoi vous vous énervez ou vous vous mettez en colère lorsque des obstacles inattendus vous empêchent d’obtenir ce que vous voulez ?
Et pourquoi la frustration qui en résulte vous déprime ou vous rend agressif selon votre forme ?
Avez-vous remarqué comme vos pensées sont liées à vos sentiments ?
Avez-vous tendance à vous faire du souci pour des choses sans importance de la vie courante ?
Vous plaignez-vous souvent sans raison ?
Qu’est-ce qui vous enthousiasme ? Qu’est-ce qui vous ennuie, vous rend apathique ?

Si vous voulez gérer votre vie, vous devez comprendre comment les désirs et ainsi que les sentiments et les émotions qui en découlent agissent en vous. Vous êtes responsables des désirs qui naissent en vous. Mais comprendre «l’anatomie du désir» n’est que la première étape. Lorsque vous l’aurez compris, il sera nécessaire de travailler à transformer votre nature humaine afin de pouvoir développer une sérénité émotionnelle et spirituelle.

Qui êtes-vous ? L’anatomie du corps subtil

Développer une sérénité émotionnelle commence par se poser la question fondamentale « qui suis-je ? ».
Les gens souffrent car ils s’identifient à leur corps physique, à leurs émotions et à leurs pensées éphémères. Sous un angle spirituel, nous réalisons que nous ne pouvons pas être quelque chose qui est là à un instant donné et qui disparaît l’instant d’après. Notre corps, nos émotions et nos pensées changent continuellement. Nous ne pouvons être que ce qui est permanent, ce qui ne change jamais. Quelle partie de vous est immuable ? Quelle partie de vous ne change jamais?

Les personnes spirituelles, Réalisées nous disent que Ce que nous sommes réellement est le Témoin Conscient, celui qui voit le film de notre vie. Nous le connaissons par la pensée « je suis », non pas « je suis ceci ou cela », mais simplement «je suis».

En effet, c’est le centre de votre être, sans forme, intemporel, votre âme, le corps spirituel si vous voulez. C’est l’être psychique secret, l’élément divin en vous. Il devient aussi votre guide, celui qui connaît la vérité, ce qui est bon, la vraie joie et la beauté de l’existence quand vous êtes consciemment votre âme et que l’esprit, la vie et le corps prennent leur véritable place en devenant ses instruments.

L’âme, l’être psychique, se meut dans ce monde à l’aide des quatre véhicules qui sont le corps physique, le corps vital, le corps mental et le corps intellectuel. Selon le yoga, l’être humain ne se limite pas au corps physique mais est composé en fait de plusieurs corps concentriques ou gaines d’énergie-conscience, allant du plus grossier au plus subtil.

1. Le corps physique : Il représente la matière, la partie visible de l’être humain, y compris la conscience du corps au niveau cellulaire qui agit sans intervention du mental

2. Le corps vital : Qui est le siège des désirs, des sensations, des émotions, des passions, des aspirations, des instincts de possession, de la peur, de la colère, de l’avidité, de la luxure, de la tristesse, de la joie, de la haine, des aversions, de la fierté, des attirances, des préférences, etc… Le mental et le vital semblent se mélanger mais ils sont bien séparés l’un de l’autre.

3. Le corps mental, orienté vers les sens : C’est celui de la connaissance, de la perception par les sens, de notre façon de réagir aux pensées, l’utilisation de nos forces mentales pour réaliser nos idées, de l’expression des idées par la parole.

4. Le corps intellectuel : C’est le corps qui raisonne, analyse, synthétise et construit des idées à partir des signes, des indications et des informations, l’esprit est subordonné à l’intelligence. L’esprit prend position par fractionnement et oublie l’unité qui est derrière, bien qu’il soit capable d’y revenir par l’illumination qui se produit quand l’individu se transcende et devient conscient de la Vérité et la Réalité Ultime sous-jacente à tout nom et toute forme.

5. Le corps spirituel : L’être éternel ou le Soi individuel, la conscience spirituelle par laquelle nous entrons en contact avec le Soi, l’Esprit, l’âme et qui peut voir dans toute chose leur réalité essentielle et le jeu des forces et phénomènes comme provenant de la Réalité essentielle.

Chacun de ces cinq corps agissent les uns sur les autres continuellement. Cependant, nous ignorons généralement ces interactions car notre conscience est absorbée dans leur jeu. En cultivant la présence au quotidien et en pratiquant la méditation, nous pouvons arriver à discerner et distinguer le fonctionnement de chacun de ces corps.

L’égoïsme: Un exemple d’erreur d’identification avec les véhicules de votre anatomie grossière et subtile

Les quatre premiers «corps» ci-dessus ne sont que des véhicules pour votre âme et votre corps spirituel. De plus, ils changent continuellement. Les émotions ou les pensées qui se répètent ou même les sensations physiques créent l’illusion de la permanence, alors qu’en fait, rien n’est permanent dans ces corps.

Le cerveau humain peut être comparé à l’escargot dont le système nerveux est si peu développé qu’il lui faut plusieurs secondes pour réaliser que l’obstacle qui se trouve sur son passage a été ôté. Il ne voit pas ce qu’il y a de fondamental derrière l’évènement, qui est énergie consciente et c’est ainsi que nous nous identifions avec ce que nous ne sommes pas. Cette limite est l’égoïsme: L’habitude de s’identifier avec des sensations physiques, des émotions, sentiments et pensées, simplement parce qu’ils se répètent et créés ainsi l’illusion que tout est permanent.

Par conséquent, si nous sommes notre corps, nos émotions et notre esprit, alors notre motivation première est de tout faire afin de nous faire plaisir ou éviter de souffrir. Lorsque les actes, les mots ou les pensées sont répétés par habitude, nous développons des goûts et des aversions. Ainsi, lorsque nous sommes sous l’emprise d’un désir comme par exemple de faire telle ou telle chose, ou bien de manger une glace, ou encore de ressentir une certaine émotion, de revivre un souvenir, nous pensons «je suis» ce sentiment, ce souvenir ou cet acte. Nous entendons notre esprit faire écho au désir par des affirmations comme «j’ai besoin de faire cela», «je pense» ou «je suis déprimé».

Reconnaître le corps vital, le siège des désirs et des émotions

Au fond, nous sommes des animaux munis d’un système nerveux plus évolué qui nous permet de concevoir la perfection, de reconnaître nos imperfections et d’envisager des stratégies et d’exercer une volonté pour relier les deux. Et comme les animaux, nous avons un corps vital qui est le siège des émotions et des désirs. Le désir est la manifestation première du corps vital.

Le corps vital, plus subtil que le corps physique, mais plus grossier que le corps mental nous anime par son énergie. Il pénètre, influence, voir même corrompt, constamment le fonctionnement de chaque partie de notre être. Le vital est cette partie de notre nature humaine complexe qui contient en elle-même toute la force sous-jacente qui nous permet d’agir. Tous nos désirs pressants, notre enthousiasme bouillonnant et l’intensité de la passion ont leur siège dans ce corps.

Nous sommes conscients de notre corps vital à chaque fois que nous nous sentons apathiques, tristes, peureux, fiers, en colère, plein de convoitises, courageux ou même lorsque nous souhaitons être aimés ou acceptés par les autres.

Ces émotions se manifestent de façons très variées. Elles proviennent de notre égo qui cherche à être aimé ou à contrôler. Toutes ces émotions deviennent des désirs lorsque au lieu de nous en détacher, et de reconnaître leurs effets fondamentaux sur notre bien-être, nous les transformons en fantasmes et agissons en vue de les satisfaire. Il est intéressant de mettre en contraste cette façon humaine de réagir avec la réponse qu’a faite le grand sage du 20ième siècle, Ramana Maharshi, lorsqu’il lui a été demandé de décrire son état d’illumination: «Maintenant plus rien ne peut me déranger».

Si le corps vital est perturbé, cela peut engendrer (1) des peines et des rancunes inutiles, (2) de l’insatisfaction, (3) de la rancœur, de l’impatience et de l’irritation, (4) une tendance à l’agressivité, (5) de perdre son calme en cas d’obstacles sur notre chemin, (6) d’attendre des compliments, (7) de dramatiser, (8) de rechercher des plaisirs malsains, d’avoir une fascination perverse pour les peines et souffrances des autres, (9) de se laisser succomber à des faiblesses précédemment rejetées, (10) de se détourner de la vie spirituelle et de se priver de sa bénédiction douce et inhérente, (11) de résister aux aspirations spirituelles et aux efforts pour se purifier de ses tendances habituelles.

Alors qu’un corps vital équilibré n’a pas de pouvoir de discrimination, il nous amène à nous réjouir constamment de chaque expérience vécue.

La vie vue au travers du corps vital

Voici quelques expériences caractéristiques dans lesquelles est impliqué le corps vital:

1. Une fraction de seconde après que votre conjoint vous ait reproché d’avoir oublié de faire quelque chose, vous vous sentez coupable et sur la défensive;

2. A l’aéroport, juste après avoir entendu une annonce vous informant que votre vol est annulé, vous sentez l’anxiété. Au même moment, votre intellect dit «que vais-je faire?» puis «je dois faire ceci ou cela»;

3. Lorsque vous avez faim, vous avez des crampes d’estomac et vous vous sentez faible et cela vous rend impatient et nerveux;

4. Vous vous sentez envahi par le chagrin au souvenir d’un être cher décédé et vous compensez en mangeant et vous vous surprenez à réfléchir sur la vie après la mort;

5. A la télévision, vous entendez quelqu’un critiquer vivement un homme politique que vous appréciez et votre esprit commence à débattre à propos de ce qui est dit, vous éprouvez des sentiments de frustration;

6. Vous regardez votre montre et votre esprit vous dit «je suis en retard», vous faîtes preuve d’impatience et vous vous pressez;

7. Lors d’une réunion amicale, vous êtes enthousiaste et heureux de parler à autrui. Votre corps vital échange et partage de nombreux sentiments avec les personnes avec qui vous parlez. Cet échange vous incite à parler et à boire davantage et vous fait oublier, au moins momentanément, la tristesse que vous avez ressentie les jours d’avant. Vous vous nourrissez des sentiments des autres;

8. Votre colocataire est triste et s’ennuie, vous êtes également gagné par la déprime. Alors vous passez des heures devant la télévision, ce qui en fait stimule tout un tas de pulsions vitales au fur et à mesure que vous êtes submergé par les émotions dégagées par les acteurs et que vous soulagez votre ennui.

Dans les exemples ci-dessus, vous voyez que parfois le corps vital initie une réaction en chaîne qui met en œuvre le corps physique, le corps mental et le corps intellectuel (exemples 7 et 8) mais parfois c’est ce dernier qui initie une réaction des autres corps comme le corps vital (exemple 5). La plupart du temps, c’est le corps mental qui initie cette réaction en chaîne (exemple 1, 2 et 6).

Si vous voyez, entendez, sentez, goûtez ou écoutez quelque chose ou que vous l’imaginiez, comme par exemple si vous fantasmez sur ce qui va se passer lors de votre rendez-vous amoureux le prochain weekend, vous commencez à vous réjouir, à trépider, à convoiter ou avoir peur.

Observez comment le corps physique peut provoquer une réaction du corps vital (exemple 3) ou que le contraire se produise (exemple 4). En remontant à la source, nous pouvons déterminer si c’est une réaction habituelle qui nous pousse à réagir de la sorte et si c’est le cas, nous pouvons faire disparaître cette source de souffrance. Devenir conscient de l’interaction de ces cinq corps est la première étape dans ce que nous nommons «l’étude de soi» ou «la purification des désirs» que nous étudierons ultérieurement.

Voyons tout d’abord comment la société s’est organisée pour protéger ses membres d’éventuels dégâts dus à des passions incontrôlées.

La suppression, l’expression et les exigences des désirs du corps vital

Afin de réfréner les élans et les appétits du corps vital qui n’est pas capable de discrimination, dès que la société s’est organisée, il a fallu adopter des règles, des lois et des codes moraux.
Et depuis, les humains ont dû contrôler leurs sentiments de façon à se conformer aux normes sociales de leur époque.

Aujourd’hui, une cohorte de psychologues et de thérapeutes aident ceux qui cherchent à guérir de leur inhibition. La thérapie par la parole et de nombreuses autres approches de la psychologie moderne nous encouragent aujourd’hui à exprimer nos émotions.
Afin de pouvoir se comporter conformément aux normes de la société actuelle, il est préférable d’exprimer ses émotions plutôt que de les réprimer. Mais jusqu’à un certain point.

Au-delà, le corps médical a pris le relais et ses «grands prêtres», les psychiatres occidentaux (à l’origine psychiatre veut dire «médecin de l’âme, de la psyché») font totalement confiance aux médicaments pour contrôler les états émotionnels instables et les tendances à l’autodestruction. Ils ont largement échoué dans leur mission de guérir la psyché ou les souffrances de l’âme. La majorité d’entre nous souffre de névroses et nous n’avons jamais vu auparavant autant de personnes prendre des médicaments pour guérir de leurs névroses. Parmi les substances que nous pouvons nous procurer librement, l’alcool et les drogues récréatives restent les choix de prédilection des personnes qui présentent des troubles de l’humeur. La télévision et les divertissements proposés par les médias viennent juste après.

Les personnes religieuses et spirituelles qui ont cherché à se libérer complètement des exigences tyranniques du corps vital dans les monastères ou les ermitages ont adopté l’approche souveraine du sevrage.
Jusqu’à ce que, ou à moins de faire une longue retraite, nous ne puissions nous faire une idée de ce que cela implique ou du rôle dominant que tiennent le corps vital et ses désirs dans notre vie, familiarisez-vous avec cette approche spirituelle en éteignant la télévision, en débranchant le téléphone et l’ordinateur, en observant le silence, en jeûnant et en évitant toutes formes de distractions pendant plusieurs jours, chez vous ou dans un lieu loin de chez vous.

Le corps vital va constamment chercher des distractions. Si elles ne sont pas satisfaites, vous pouvez être gagnés par l’apathie et l’ennui. Mais cette approche peut vous transformer complètement.

Les chercheurs spirituels apprennent à canaliser leur énergie vitale par la méditation et transforment leur façon de voir la vie. Elles apprennent à ralentir, cultivent le calme et finalement à purifier leur soi des désirs et comportements habituels. C’est un long processus et peu font preuve de persévérance ou sont même enclins à laisser de côté leurs habitudes, ne serait-ce que quelques jours ou quelques semaines.

La maîtrise des désirs du vital

Aujourd’hui, les choses n’ont pas changé, nous devons faire face aux mêmes défis et aux mêmes résistances, aux changements de la nature humaine, mais nous n’avons plus besoin de nous isoler du monde pour arriver à maîtriser les désirs du corps vital.

Tout le savoir, les techniques et la sagesse spirituelle nécessaires pour nous purifier de notre égoïsme et de nos désirs ont été publiés ou même sont disponibles sur internet. Mais la majorité d’entre nous est encore sous la coupe des religions organisées, qui malheureusement essayent toujours de nous contrôler en inculquant la punition/la peur de la damnation éternelle ou de la rétribution karmique.

La religion s’attache aux formes extérieures tels que les personnalités, les symboles, les systèmes de croyances, les cérémonies, l’architecture etc.

L’esprit est sans forme. Alors comment peut-on entrer en communication avec lui ? Comment peut-il être compris ?

Nous devons le chercher en nous-mêmes et apprendre à calmer le grondement du mental et du vital. Nous ne pouvons pas l’atteindre, il est en nous 24 heures sur 24. C’est merveilleux. Mais nous l’ignorons en raison des distractions et des désirs créés par notre corps vital.

Par la spiritualité nous ne cherchons pas à atteindre quelque chose mais nous apprenons à lâcher prise par rapport à ce que nous ne sommes pas et cherchons à être Celui que nous sommes véritablement.

Ce qui manque souvent aux chercheurs spirituels, c’est de comprendre qu’ils arriveront à un bien-être spirituel et émotionnel, uniquement s’ils parviennent à contrôler et dominer d’un moment à un autre, et en dépit des agitations de leur vie ambiante, les pulsions du vital et des fantasmes mentaux.

Nous ignorons cela, ce qui est dû, non seulement aux religions comme nous l’avons vu plus haut, mais aussi au «matérialisme spirituel» de notre époque où la spiritualité est confondue avec les expériences psychiques ou visionnaires, les pouvoirs, les canalisations d’entités désincarnées ou d’autres expériences sensationnelles ou bien le fait de se sentir «particulier» ou de faire des «expériences particulières».

Mais c’est seulement lorsque vous acceptez de n’être personne de particulier et de ne pas vouloir expérimenter quelque chose de particulier, qu’à ce moment, vous commencez à avancer sur le chemin spirituel. Car tant que vous voulez être différent, vous vous mettez à l’écart des autres. Et quand vous parvenez à l’unité universelle sur le plan spirituel, vous n’êtes plus séparé, ni différent. Ce n’est que l’égo qui aspire à être à part. Et par conséquent, ce n’est pas en trouvant quelqu’un de “particulier ou supérieur”, même s’il est très élevé spirituellement, que vous allez guérir de vos névroses.

Lorsque nous approchons de notre chemin spirituel avec maturité et de manière intégrale, nous travaillons à changer le corps vital en apaisant ses manifestations, en devenant conscient de son jeu et de toutes ses fluctuations. Nous pouvons alors utiliser la raison pour l’assouvir et finalement utiliser son énergie vers la réalisation de la Vérité, du Bon et du Merveilleux.

Notre discipline devient un instrument pur et parfait de l’Esprit, si nous percevons ce qui nous attend. En s’armant de patience, en faisant preuve de persévérance et d’une volonté indomptable de ne pas abandonner, le chercheur spirituel s’astreindra à la discipline ou la sadhana suivante :

1. Observez minutieusement ce que vous ressentez intérieurement, en étant attentif à vos pulsions, vos sentiments et vos émotions et identifiez avec attention ce que le vital cherche à obtenir par l’action ou la réaction suggérée; observez et discernez le désir, la peur, l’orgueil, la dépression, la possessivité, l’avidité, le désespoir, le besoin de contrôler, etc..., dans toute leur nudité, sans artifice.

2. Gardez ce mantra “ne pas le manifester par une action” en prenant la ferme résolution que jusqu’à ce qu’il retrouve le calme dans son esprit et dans son cœur et qu’il soit complètement libre, il ou elle n’obéira pas à ce que lui dicte son vital. Répétez «je ne le ferai pas». Même un succès partiel rajoutera un pavé sur la route vers la victoire finale.

3. Développez le Témoin conscient, en toutes circonstances. En cultivant le détachement, en cessant de s’identifier aux pensées, aux émotions, aux désirs, aux pulsions qui généralement absorbent votre conscience en vous faisant «rêver les yeux ouverts».

4. Raisonnez avec le vital en gardant à l’esprit votre but de vous réalisez spirituellement et d’être serein. Dites-lui: «tu es en train de perdre ton contrôle et ta félicité pour une passion éphémère, un plaisir vain et sans valeur ou une satisfaction au moment présent qui déjà s’envole». «Pourquoi faire une montagne de pas grand-chose».

5. Exercez votre volonté en vous lançant des défis afin de déstabilisez votre équilibre émotionnel, progressivement, donnez-vous des défis plus difficiles. Afin de développer votre volonté: (a) Développez une discrimination claire, l’aptitude à détecter et reconnaître les désirs et les pulsions du vital; (b) soyez convaincu de la nécessité de développer une vie spirituelle en étudiant des textes classiques de la spiritualité et en réfléchissant sur les vérités dictées par ces textes; (c) cultivez dans votre cœur un amour constant et intense pour le Divin, sous la forme que vous désirez ou comme la Vérité, la Bonté ou la Conscience elle-même; (d) aspirez à constamment progressez et vous perfectionnez dans votre maîtrise du corps vital.

6. Lors de vos méditations tout d’abord, puis dans votre vie courante, efforcez-vous de dépasser l’esprit pour atteindre le psychisme ou l’âme et invoquez son pouvoir et sa lumière afin qu’ils transforment les fluctuations du vital. Pour vous aidez, soyez le témoin du mental, puis transcendez-le et enfin rendez-le silencieux. Le corps vital tente toujours d’asservir l’esprit, c’est pour cela que vous devez aller au-delà et vous placez dans la perspective de la conscience Témoin pure, calmer le tumulte des fluctuations du vital. Dans le silence, une intelligence supérieure agira à travers vous, vous donnant des instructions claires et un pouvoir merveilleux.

7. Faites appel à cette force de vie lumineuse en vous, qu’elle remplace le désir qui émane du vital. C’est un Pouvoir Divin rayonnant, empreint de paix, de force et de félicité, donnez-lui la possibilité de se manifester dans votre vie courante.

8. Et enfin, ce qui doit accompagner toutes les étapes précédentes: envoyez constamment au Divin une prière sincère venant de votre cœur, demandez à la Grâce de maîtriser et neutraliser les pulsions du vital qui vous perturbent. Rien ne résiste à la puissance de cette Grâce et si votre prière est exprimée sincèrement, ne doutez pas de son efficacité. Le vital ne peut résister à cette force.

Pourquoi transformer le vital ?

Votre âme aspire, votre égo désire.

Votre âme aspire à «la Vérité, au Bon, au Merveilleux» qui est au cœur de la dimension spirituelle de notre être et, si vous êtes capable de le voir sous cet angle, potentiellement dans chaque relation, chaque expérience. L’âme aspire à voir l’Unique qui se distingue de la multitude. L’âme aspire à se libérer de ce que l’égo lui dicte: «J’ai besoin», «je veux», «pauvre de moi», «j’ai peur». Votre âme aspire à l’union avec la Réalité fondamentale sous-jacente à tout ce que l’esprit sépare et divise.

Le vital est sous l’emprise de l’égo, mais l’égo ne mène nulle part. Tant que le vital n’interrompt pas cette allégeance et n’aspire pas totalement à la réalisation de «la Vérité, du Bon et du Merveilleux» et de «l’Unique», il continuera à engendrer des désirs, des obstacles et beaucoup de souffrance comme nous l’avons vu précédemment.

Notre nature humaine est programmée pour cela. Comme l’a dit Sri Aurobindo, «une révolution est nécessaire dans la nature humaine». Nous pouvons voir non seulement le besoin d’un changement radical, mais aussi le potentiel de changement. Pour cela, cependant, nous devons discerner les pulsions et les mouvements du désir, ne pas les laisser vivre dans l’imagination ni les extérioriser. Que le désir implique une attraction ou une aversion, l’avidité, la convoitise, l’ennui, la peur, que vous obteniez ou non ce que vous voulez, tous les désirs sont des pièges de l’égo et causent de la souffrance. Ils vous ramènent à votre «petit moi» à qui il manque quelque chose et qui par conséquent souffre.

Nous ne pouvons pas trouver de bonheur durable dans les choses qui ne le sont pas. C’est en appréciant chaque moment que nous trouverons le bonheur durable car notre âme se délecte en étant le Témoin qui est pure conscience. A ce moment, notre âme nous guidera et fera descendre en nous un pouvoir et une conscience plus élevés. Plus nous réduisons l’influence du corps vital, plus nous sentons la réalité de notre âme ou notre être psychique, qui nous guide.

Cela se produit ici et maintenant, à chaque instant et à chaque fois que nous sommes à même de voir les choses plus en profondeur, nous distinguons l’Unique parmi la multitude. Tout un monde de possibilités infinies s’ouvre à nous où nous sommes libérés de nos désirs.

La réalisation spirituelle n’est plus le but, mais le point de départ vers une transformation complète de notre nature humaine à tous les niveaux. Nous progressons à chaque instant et nous ne succombons plus aux vieilles habitudes de notre nature humaine. De grandes âmes comme Jésus, Bouddha, Ramakrishna, Gandhi, Babaji et Sri Aurobindo nous ont montré le chemin vers la réalisation de Dieu et ont atteint la perfection humaine. Que leur exemple et leurs paroles nous guident et nous inspirent tous dans notre aspiration à réaliser le Divin.

Tous droits réservés © Janvier 2009 par Marshall Govindan Satchidananda
www.babajiskriyayoga.net

Anatomy of desire : creatinge emotional balance through spiritual self awareness (english version)

vivekananda Mercredi décembre 1, 2021

By Marshall Govindan

Have you ever wondered why your desires are so compelling? Why you can suddenly feel irritated, even angry when unexpected obstacles prevent you from getting what you want? Have you wondered why subsequent frustration can make you depressed when you are tired, but aggressive when you are feeling strong? Have you noticed how your thoughts depend upon your feelings? Do you find yourself fretting over the small stuff in the business of life? Do you notice yourself complaining repeatedly for little or no reason? What makes you get excited? What makes you feel bored, full of inertia?

If you want to be a master of your life you must understand why and how desires and the subsequent feelings and emotions arise within you. You are responsible for the desires that arise within you! And you are also responsible for how you respond to them. But understanding the “anatomy of desire” is only the first step. After understanding comes the necessary work of transforming your human nature so that you can develop spiritual and emotional well being.
Who are you?

The Anatomy of the subtle body

Developing emotional well being begins with the fundamental question: “Who Am I?” People suffer because they identify with their physical body, passing emotions and thoughts. After some spiritual introspection one realizes that one cannot be something which is here one moment, and gone the next. Ones’ body, emotions and thoughts are continuously changing. One can only be what always is, what never changes.

What part of you always is? What part of you never changes? The enlightened ones, the spiritually realized tell us that Who you really are is The Witness Conscious within, the inner Seer to your life’s drama. It is experienced behind the thought “I am.” Not “I am this or that” but simply “I am.” Indeed, it is the formless, timeless core of being, your soul, the spiritual body if you will. It is the secret psychic being , the divine element within you. It also becomes your guide, which knows the truth, the good, the true delight and beauty of existence when you are consciously your soul, and when mind, life and the body take their true place as its instruments.

The soul, the psychic being, moves through this world using the four vehicles known as the physical body, the vital body, the mental body, and the intellectual body. According to yoga, the anatomy of the human being is not limited to our physical body, but is actually composed of several concentric bodies, or sheaths of energy-consciousness, from gross to subtle levels.

1. The physical body: the material, visible part of the human being, including the body consciousness at the cellular level which acts without any mental will of our own or even against that will;

2. The vital body: the field of human nature which is made up of desires, sensations, feelings, passions, energies of action, will of desire, possessive and other related instincts, anger, fear, greed, lust, sorrow, joy, hatred, repulsions, pride, small likings and disliking, preferences, etc. The mental and the vital are mixed up on the surface of the consciousness but they are separate forces in themselves.

3. The mental body sense-mind; that part which has to do with cognition, perception through the senses, the reactions of thoughts to things, the putting out of mental forces for realization of an idea; the expression of ideas through speech.

4. The intellectual body: reasoning-mind; that which analyzes, synthesizes and constructs ideas from signs, indications and gathered data; mind is a subordinate power of Intelligence. Mind takes its stand in the standpoint of division, actually forgetful of the oneness behind, though able to return to it by the illumination which occurs when the individual transcends himself or herself, and becomesconscious of the Ultimate Truth and Reality underlying all names and forms.

5. The spiritual body: the eternal true being or Self of the individual; the spiritual consciousness is that in which we enter into the awareness of Self, the Spirit, the soul, and is able to see in all things their essential reality and the play of forces and phenomena as proceeding from essential Reality.

Each of these five bodies interacts with one another continuously. However, we usually ignore their action as our consciousness is absorbed in their play. Being able to discern and distinguish the functioning of each of them develops gradually through the practice of meditation and awareness training in daily life.

Egoism: a case of mistaken identity with the vehicles of your gross and subtle anatomy

But the above first four “bodies”are only vehicles for our soul or spiritual body,, Furthermore, they are continuously changing. While repetition of emotions or thoughts or even physical sensations creates the illusion of permanence, in fact there is nothing permanent about anything related to these bodies. Like the snail, whose nervous system is so undeveloped, that it does not notice for several seconds that an obstacle has been removed from its path, so the human brain fails to notice the fundamental background behind all phenomena, which is conscious energy, and consequently we falsely identify with what we are not.

This limitation is egoism: the habit of identifying with physical sensations, emotions, feelings and thoughts simply because they often repeat themselves, creating the illusion of permanence. And therefore, if I am the body, the emotions, and the mind, then whatever I do to make them feel pleasure or to avoid pain becomes a primary source of motivation. Actions, words and thoughts, when often repeated form habits, and consequently, we develop habitual likes and dislikes. So, when we feel the impulse of a desire, for example, to engage in any particular activity, for example eating ice cream, or to feel a particular emotion or even to dwell on certain memories, it is done with the sense of “I am” this feeling, this memory or this action. We hear the mind echoing the desire impulse with statements like: “I need to do this,” “I think” or “I’m depressed.”

Recognizing the Vital Body, the seat of desires and emotions

We are fundamentally animals, but with an evolved nervous system, which enables us to conceive of perfection, recognize our imperfections and devise strategies and apply willpower to bridge the two. But like all other animals we do have a vital body, which is the seat of our emotions and desires. Desire is the basic manifestation of the vital body. The vital body, more subtle than the physical, but grosser than the mental body, enlivens us with its energy. It constantly penetrates and influences, even corrupts the functioning of all other parts of our being. The vital is that part of our complex human nature that contains in itself all the effective potency for action. All our dynamic urges, bubbling enthusiasm and the intensity of passion have their seat here.

One is conscious of the vital body whenever ones feels apathy, sadness, fear, pride, anger, lust, courage, or even a desire for love or acceptance by others. There are literally dozens of distinct variations for each of these emotions. They all arise essentially out of a need by the ego to be loved or to control. All of these many types of emotions become desires when instead of detaching from them, instead of recognizing the fundamental disturbance they create to our well being, we indulge them in fantasy or act to realize them. In contrast to what manifests in ordinary human nature, it is instructive to reflect upon what the great 20th century sage, Ramana Maharshi said, when asked to describe his state of enlightenment: "Now nothing can disturb me anymore."

If the mood of the vital becomes disturbed, it may lead to serious consequences in (1.) causeless sorrow or grievance; (2.) complaining; (3.) the slightest hindrance to what one wants engenders a sense of rancor, impatience and injured innocence; (4.) a proneness to psychological aggressiveness; (5.) obstacles in the path to realizing a desire disturb one’s composure; (6) expectation of praise from others; (7.) making “mountains out of molehills”; (8.) morbid pleasures, perverse fascination for the sorrow and suffering of others; (9.) recalling those weaknesses of nature which one have already been rejected; (10.) turning spiritual life into a dry desert, depriving it of its sweetness and inherent bliss; (11.) resistance towards the spiritual aspirations and efforts to purify oneself of habitual desires. While on the positive side, it constantly seeks delight in life’s experiences, it has no power of discrimination.

Life seen from the perspective of the vital

Here are some typical experiences involving the vital body:

1. A split second after hearing your spouse complain about something you forgot to do, your vital body feels guilty and defensive;

2. At the airport you hear an announcement that your flight has been cancelled and a moment later your vital is feeling anxiety. At the same time, you intellectual body is saying “what am I going to do? “And then “I need to call so and so.”

3. Physical hunger pangs and weakness provoke the vital feelings of impatience and nervousness.

4. Remembering the death of a loved one, you feel depressed, and then look for something to eat as compensation, and you find yourself wondering about life after death.

5. Watching the news on television, you hear someone make inflammatory comments about your favorite politician, and as your mind begins to debate what they said, your vital releases feelings of frustration.

6. After looking at your watch and hearing your mind say “I am late,” your vital releases impulses of impatience and pushes you to move faster.

7. At a social gathering you feel excited and happy as you talk to others. Your own vital body is exchanging and sharing many such feelings with those with whom you are talking. This exchange causes you to talk more, drink more, and to suspend at least temporarily the mood of depression you have been feeling for many days. You are feeding off of the vital feelings of others.

8. Your roommate is bored and depressed. You feel depressed too. Consequently, you spend many hours watching television, which in turn stimulates a whole range of vital impulses as you empathize with the emotions expressed dramatically by television actors, and relieve your boredom.

In the above examples we can observe that sometimes the vital body initiates a chain reaction involving the physical, mental and intellectual (example 7 and 8) but sometimes, it is the intellect, which initiates the reaction of the other bodies, including the vital (example 5). Most often, it is the mental body which initiates the chain reaction (examples 1, 2, and 6). Either you see, hear, smell, taste or hear something, or you do so in your imagination, for example, you fantasize what will happen on your date this weekend, and then begin to feel excitement, trepidation, lust, or fear. Notice that the physical body can provoke a reaction in the vital (example number 3) or the reverse may occur (example 4).

By tracing the chain reaction back to its source, we can determine whether there is a habitual reaction, which is causing us to react the way we do to life’s happenings, and if so, heal that source of suffering. Becoming aware of the interplay of the five bodies is the first step of what is referred to as “self-study” and “purification of desires,” which we will turn to in a later section, but first let’s discuss how society has organized itself to protect its members from the potential damage of the uncontrolled vital passions.

Suppression, Expression and Starving of the Vital Body’s Desires

Because of the vital body’s lack of discrimination, to curb its impulses and appetites, as soon as humans began to organize themselves socially, rules, laws and moral codes were adopted. And ever since, humans have had to suppress their feelings in order to adjust to the social norms of their times. Today, an army of psychologists and therapists supports individuals who seek to heal the consequences of such suppression. We are encouraged today to express our emotions in talk therapy and innumerable other approaches of modern psychology.

Expression of emotions is considered to be superior to suppression, at least in adjusting our behavior to the norms of society. But only up to a point. Beyond that point, vital impulses have become medical conditions in the Western, material culture, and its high priests, psychiatrists, (which in the original sense of the term meant “physicians of the soul, the psyche,”) have relied heavily upon prescription medicine to control our emotional roller coaster, and tendencies to self destruction. They have largely failed to fulfill their larger mandate: to heal our psyche, or soul’s suffering. The vast majority of us are suffering from neuroses, and never before in human history have so many been trying to control their desires with prescription medication. Alcohol and recreational drugs remain the over the counter mood altering agents of choice, followed by television and other forms of mass media entertainment.

Among religious or spiritual adepts who have sought to liberate themselves completely from the vital body’s tyrannical movements, in monasteries or hermitages, starvation of the vital has been the ruling strategy. Until or unless an individual goes on a long retreat, one has no idea of what that involves or of how dominant a role the vital and all its servant desires has in one’s life.

Introduce yourself to this traditional spiritual approach. Turn off the television, unplug the phone and computer, observe silence, fast and avoid your usual forms of distraction for several days at home, or preferably somewhere far away. The vital will constantly tempt you with restless longing for distraction and when resisted throw you into the inertia of dry boredom. But this approach can be powerfully transformational.

Spiritual aspirants learn to channel their vital energy through meditation into a new Witness perspective of life. They learn to slow down, cultivate calm, and if they persist to purify themself of desire and habitual behaviors. It is a long process, and few have the perseverance or even the inclination to leave the world behind for as little as a few days or weeks.

Mastery of the Vital Desires

Today, while human nature presents to us with the same challenges and resistance to change, we no longer have to isolate ourselves from the world in order to master the desires of the vital body. All of the knowledge, techniques and spiritual wisdom needed to spiritually purify ourselves of egoism and desire has been published or is even available on the internet. But most of us are still influenced by organized religion, which unfortunately still tries to control us by inciting fear of damnation or karmic retribution. Religion focuses on external forms: personalities, symbols, belief systems, ceremonies, architecture etc. The spirit is formless. So how can it be communicated? How can it be realized? One must turn within and learn to silence the roar of the vital and mental. The spiritual is not to be attained. It lies within us 24/7. It is in bliss all of the time. But we ignore it because of the distractions created by the vital and its servant desires. Spirituality has nothing to do with attaining; it has everything to do with letting go of what we are not, and being Who we truly are.

What is usually lacking among most spiritual aspirants is the realization that only by controlling and mastering from moment to moment, in the midst of the busy events of their lives, the impulses of vital desires and mental fantasies, can we ever reach spiritual, emotional well being. Ignorance of this due not only to organized religion, as cited above, but also to the “spiritual materialism” of our times, wherein spirituality is confused with visionary or psychic experiences, powers, channeling disembodied entities or other sensational states, as well as becoming “special” or having “special experiences.”

But it is only when you are ready to be no one special and to experience nothing special you are in fact beginning to walk on the spiritual path. Because as long as you are special, you are apart from everyone else. And when you become one with everything in the spiritual dimension, you are no longer separate, no longer special.

It is only the ego that is interested in specialness. And, consequently, it is not by finding someone “special,” however evolved spiritually they may, that you are going to heal your own vital neuroses.

In a mature, integral spiritual approach, we seek to convert the vital by quieting its movements, becoming more conscious of its play, using enlightened reason to curb it, and finally by turning its dynamism towards the realization of the True, the Good and the Beautiful. Having glimpsed these distant peaks, which metaphorically speaking lie on the horizon of our soul’s perspective of eternity, one cultivates an ardent aspiration for the conversion of the vital into a pure and perfect instrument of the Spirit. Having established a foundation of patience, perseverance and indomitable will not to give up, the spiritual aspirant proceeds through the following stages of self-discipline or sadhana:

1. Observe carefully your inner field of experience, noticing the appearance of impulses, feelings and emotions, and with insight identify what the vital is seeking to achieve by the suggested action or reaction; observe and discern the desire, fear, pride, depression, possessiveness, greed, despair, need to control , etc. in all its nakedness, without disguise.

2. Keeps as one’s mantra “Not to manifest it in action;” taking the firm resolve that not until one regains ones composure of mind and heart and regains one’s inner liberty completely, he or she will not act out the suggested dictate of the impulsive vital. Repeat: “I shall not do it.” Even a partial success will pave the road to eventual victory.

3. Build up the Witness consciousness, bringing it more and more into every event and circumstances. Cultivating calm detachment, cease to identify with the thoughts, emotions, desires, impulses which generally absorb your consciousness causing you to “dream with your eyes open.”

4. Reason with the vital, keeping your goal of spiritual Self-realization, and emotional well being in view. Tell it: “You are throwing away Self-mastery and Bliss for a transitory passion, a vain and cheap pleasure or satisfaction in the vanishing present moment.” “Why make a mountain out of a mole hill?”

5. Use your willpower starting with small challenges to your emotional equilibrium, and gradually progressing as you develop strength. To develop your willpower: (a) develop clear discrimination, the ability to detect and recognize the desires and impulses of the vital ; (b) become convinced of the necessity for developing a spiritual life, by study of spiritual classical literature and deep reflection on the truths expressed therein; (c) enshrine within your heart a constant and intense love for the Divine, in whatever form you hold dearest, or as Truth, Goodness or Consciousness itself; (d) awaken a constant aspiration for progress and perfection in mastering the vital.

6. First in meditation, and then in daily life, go beyond the mind to the psychic, or soul level of your being, and invoke its power and light to convert the vital movements. To do so, witness the mind, then transcend it, and finally silence it. The vital always attempts to make the thinking mind its servant, so you must rise above the mind into the perspective of pure Witness consciousness, and from there calm the tumult of the vital movements. With a silent mind a higher intelligence will begin to act through you with clear directions and wonderful power.

7. Evoke the luminous life force which lies deep within you, making it replace the desire filled surface movements of the vital on the surface of the mind. It is a radiant Divine Power, full of peace, strength and bliss. Make this higher force active in the daily habitual field of action and reaction.

8. Not the last step, but one which must accompany all of them: send a steady and sincere prayer from your heart to the Divine, appealing for the action of its Grace to subdue and neutralize the vital impulse which is troubling you at that moment. Nothing can resist the force of such Grace, and if the prayer is sincerely expressed, one can never doubt its efficacy. No resistance of the vital can long withstand this force.

Why the vital must be transformed ?

Aspiration is what your soul feels. Desire is what your ego feels. Your soul aspires for the “True, the Good, the Beautiful” which lies at the heart of the spiritual dimension of our being, and potentially in every relationship, every experience, if you can see things from its perspective. The soul aspires to see the One amidst the many. The soul aspires to free itself from ego-born suffering: “I need,” “I want,” “Poor me,” “I am afraid.” Your soul aspires to reunite with the fundamental Reality underlying everything which the mind makes separate and divided.

The perspective of the ego is a dead end. And the vital is the ego’s most powerful servant. Until the vital switches its allegiance, and fully collaborates in the aspiration to realize the “True, the Good, and the Beautiful,” and “The One,”it will continue to provide unceasing desires, obstacles and great suffering, as described above. That is what our human nature is programmed to do. As Sri Aurobindo put it, “We need a revolution against our human nature.” We can see not only the need for radical change, but also the potential for change. To manifest it however, one must discern the impulses and movements of desire, not indulge them in our imagination and not allow them to manifest in action.

Whether the desire involves attraction or aversion, greed, lust, boredom or fear, whether you are getting what you want or what you don’t want, all desires are a trap of the ego, and bring certain suffering. They all contract your identify back into “the little me” who is missing something, and who is consequently suffering.

Lasting happiness cannot be found in things which do not last. It is found only when we enjoy every moment from the perspective of our soul, which finds delight through continual awareness, as the Pure Witness Consciousness. Only then can our soul, the psychic begin to lead us and begin to bring down a higher power and consciousness. The more we remove the influence of the vital body, the more our psychic being or soul can communicate to us its truth and guide in things both great and small. It happens here and now, during everyday situations, when we see things from this deeper perspective which permits us to see the One in the many. We begin to live in the eternal now of infinite possibility and freedom from desire. Spiritual realization becomes then not the goal, but the starting point of a complete transformation of human nature at all levels. We are a work in progress. We need not succumb to the habit patterns of our old human nature. We have the shining examples of many great souls who have shown us the way to integrate God realization and effect human perfection including Jesus, Buddha, Ramakrishna, Gandhi, Babaji, Ramalinga and Sri Aurobindo. May their example and words of wisdom guide and inspire us all as we aspire to realize our Divine potentiality.

Marshall Govindan is the author of “Babaji and the 18 Siddha Kriya Yoga Tradition,” “Kriya Yoga Sutras of Patanjali and the Siddhas,” “The Wisdom of Jesus and the Yoga Siddhas,” “Enlightenment: it’s not what you think,” and co-author with his wife, Durga Ahlund, of “Kriya Yoga: Insights Along the Path.”
www.babajiskriyayoga.net
Copyright © 2008 Marshall Govindan Satchidananda

Anatomie du désir: Créer un équilibre émotionnel par la pratique spirituelle de l’étude de soi (en français)

vivekananda Mercredi décembre 1, 2021

Anatomie du désir: Créer un équilibre émotionnel par la pratique spirituelle de l’étude de soi
de Marshall Govindan Satchidananda

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vos désirs sont si forts? Pourquoi vous vous énervez ou vous vous mettez en colère lorsque des obstacles inattendus vous empêchent d’obtenir ce que vous voulez? Et pourquoi la frustration qui en résulte vous déprime ou vous rend agressif selon votre forme? Avez-vous remarqué comme vos pensées sont liées à vos sentiments? Avez-vous tendance à vous faire du souci pour des choses sans importance de la vie courante? Vous plaignez-vous souvent sans raison? Qu’est-ce qui vous enthousiasme? Qu’est-ce qui vous ennuie, vous rend apathique?

Si vous voulez gérer votre vie, vous devez comprendre comment les désirs et ainsi que les sentiments et les émotions qui en découlent agissent en vous. Vous êtes responsables des désirs qui naissent en vous. Mais comprendre «l’anatomie du désir» n’est que la première étape. Lorsque vous l’aurez compris, il sera nécessaire de travailler à transformer votre nature humaine afin de pouvoir développer une sérénité émotionnelle et spirituelle.

Qui êtes-vous ? L’anatomie du corps subtil

Développer une sérénité émotionnelle commence par se poser la question fondamentale «qui suis-je?». Les gens souffrent car ils s’identifient à leur corps physique, à leurs émotions et à leurs pensées éphémères. Sous un angle spirituel, nous réalisons que nous ne pouvons pas être quelque chose qui est là à un instant donné et qui disparaît l’instant d’après. Notre corps, nos émotions et nos pensées changent continuellement. Nous ne pouvons être que ce qui est permanent, ce qui ne change jamais. Quelle partie de vous est immuable? Quelle partie de vous ne change jamais? Les personnes spirituelles, Réalisées nous disent que Ce que nous sommes réellement est le Témoin Conscient, celui qui voit le film de notre vie. Nous le connaissons par la pensée «je suis», non pas «je suis ceci ou cela», mais simplement «je suis». En effet, c’est le centre de votre être, sans forme, intemporel, votre âme, le corps spirituel si vous voulez. C’est l’être psychique secret, l’élément divin en vous. Il devient aussi votre guide, celui qui connaît la vérité, ce qui est bon, la vraie joie et la beauté de l’existence quand vous êtes consciemment votre âme et que l’esprit, la vie et le corps prennent leur véritable place en devenant ses instruments.

L’âme, l’être psychique, se meut dans ce monde à l’aide des quatre véhicules qui sont le corps physique, le corps vital, le corps mental et le corps intellectuel. Selon le yoga, l’être humain ne se limite pas au corps physique mais est composé en fait de plusieurs corps concentriques ou gaines d’énergie-conscience, allant du plus grossier au plus subtil.

1. Le corps physique: Il représente la matière, la partie visible de l’être humain, y compris la conscience du corps au niveau cellulaire qui agit sans intervention du mental;
2. Le corps vital: Qui est le siège des désirs, des sensations, des émotions, des passions, des aspirations, des instincts de possession, de la peur, de la colère, de l’avidité, de la luxure, de la tristesse, de la joie, de la haine, des aversions, de la fierté, des attirances, des préférences, etc… Le mental et le vital semblent se mélanger mais ils sont bien séparés l’un de l’autre.
3. Le corps mental, orienté vers les sens: C’est celui de la connaissance, de la perception par les sens, de notre façon de réagir aux pensées, l’utilisation de nos forces mentales pour réaliser nos idées, de l’expression des idées par la parole.
4. Le corps intellectuel: C’est le corps qui raisonne, analyse, synthétise et construit des idées à partir des signes, des indications et des informations, l’esprit est subordonné à l’intelligence. L’esprit prend position par fractionnement et oublie l’unité qui est derrière, bien qu’il soit capable d’y revenir par l’illumination qui se produit quand l’individu se transcende et devient conscient de la Vérité et la Réalité Ultime sous-jacente à tout nom et toute forme.
5. Le corps spirituel: L’être éternel ou le Soi individuel, la conscience spirituelle par laquelle nous entrons en contact avec le Soi, l’Esprit, l’âme et qui peut voir dans toute chose leur réalité essentielle et le jeu des forces et phénomènes comme provenant de la Réalité essentielle.

Chacun de ces cinq corps agissent les uns sur les autres continuellement. Cependant, nous ignorons généralement ces interactions car notre conscience est absorbée dans leur jeu. En cultivant la présence au quotidien et en pratiquant la méditation, nous pouvons arriver à discerner et distinguer le fonctionnement de chacun de ces corps.

L’égoïsme : Un exemple d’erreur d’identification avec les véhicules de votre anatomie grossière et subtile

Les quatre premiers «corps» ci-dessus ne sont que des véhicules pour votre âme et votre corps spirituel. De plus, ils changent continuellement. Les émotions ou les pensées qui se répètent ou même les sensations physiques créent l’illusion de la permanence, alors qu’en fait, rien n’est permanent dans ces corps. Le cerveau humain peut être comparé à l’escargot dont le système nerveux est si peu développé qu’il lui faut plusieurs secondes pour réaliser que l’obstacle qui se trouve sur son passage a été ôté. Il ne voit pas ce qu’il y a de fondamental derrière l’évènement, qui est énergie consciente et c’est ainsi que nous nous identifions avec ce que nous ne sommes pas.
Cette limite est l’égoïsme : L’habitude de s’identifier avec des sensations physiques, des émotions, sentiments et pensées, simplement parce qu’ils se répètent et créés ainsi l’illusion que tout est permanent. Par conséquent, si nous sommes notre corps, nos émotions et notre esprit, alors notre motivation première est de tout faire afin de nous faire plaisir ou éviter de souffrir. Lorsque les actes, les mots ou les pensées sont répétés par habitude, nous développons des goûts et des aversions. Ainsi, lorsque nous sommes sous l’emprise d’un désir comme par exemple de faire telle ou telle chose, ou bien de manger une glace, ou encore de ressentir une certaine émotion, de revivre un souvenir, nous pensons «je suis» ce sentiment, ce souvenir ou cet acte. Nous entendons notre esprit faire écho au désir par des affirmations comme «j’ai besoin de faire cela», «je pense» ou «je suis déprimé».

Reconnaître le corps vital, le siège des désirs et des émotions
Au fond, nous sommes des animaux munis d’un système nerveux plus évolué qui nous permet de concevoir la perfection, de reconnaître nos imperfections et d’envisager des stratégies et d’exercer une volonté pour relier les deux. Et comme les animaux, nous avons un corps vital qui est le siège des émotions et des désirs. Le désir est la manifestation première du corps vital. Le corps vital, plus subtil que le corps physique, mais plus grossier que le corps mental nous anime par son énergie. Il pénètre, influence, voir même corrompt, constamment le fonctionnement de chaque partie de notre être. Le vital est cette partie de notre nature humaine complexe qui contient en elle-même toute la force sous-jacente qui nous permet d’agir. Tous nos désirs pressants, notre enthousiasme bouillonnant et l’intensité de la passion ont leur siège dans ce corps.

Nous sommes conscients de notre corps vital à chaque fois que nous nous sentons apathiques, tristes, peureux, fiers, en colère, plein de convoitises, courageux ou même lorsque nous souhaitons être aimés ou acceptés par les autres. Ces émotions se manifestent de façons très variées. Elles proviennent de notre égo qui cherche à être aimé ou à contrôler. Toutes ces émotions deviennent des désirs lorsque au lieu de nous en détacher, et de reconnaître leurs effets fondamentaux sur notre bien-être, nous les transformons en fantasmes et agissons en vue de les satisfaire.
Il est intéressant de mettre en contraste cette façon humaine de réagir avec la réponse qu’a faite le grand sage du 20ième siècle, Ramana Maharshi, lorsqu’il lui a été demandé de décrire son état d’illumination: «Maintenant plus rien ne peut me déranger». Si le corps vital est perturbé, cela peut engendrer (1) des peines et des rancunes inutiles, (2) de l’insatisfaction, (3) de la rancœur, de l’impatience et de l’irritation, (4) une tendance à l’agressivité, (5) de perdre son calme en cas d’obstacles sur notre chemin, (6) d’attendre des compliments, (7) de dramatiser, (8) de rechercher des plaisirs malsains, d’avoir une fascination perverse pour les peines et souffrances des autres, (9) de se laisser succomber à des faiblesses précédemment rejetées, (10) de se détourner de la vie spirituelle et de se priver de sa bénédiction douce et inhérente, (11) de résister aux aspirations spirituelles et aux efforts pour se purifier de ses tendances habituelles. Alors qu’un corps vital équilibré n’a pas de pouvoir de discrimination, il nous amène à nous réjouir constamment de chaque expérience vécue.

La vie vue au travers du corps vital

Voici quelques expériences caractéristiques dans lesquelles est impliqué le corps vital:

1. Une fraction de seconde après que votre conjoint vous ait reproché d’avoir oublié de faire quelque chose, vous vous sentez coupable et sur la défensive;
2. A l’aéroport, juste après avoir entendu une annonce vous informant que votre vol est annulé, vous sentez l’anxiété. Au même moment, votre intellect dit «que vais-je faire?» puis «je dois faire ceci ou cela»;
3. Lorsque vous avez faim, vous avez des crampes d’estomac et vous vous sentez faible et cela vous rend impatient et nerveux;
4. Vous vous sentez envahi par le chagrin au souvenir d’un être cher décédé et vous compensez en mangeant et vous vous surprenez à réfléchir sur la vie après la mort;
5. A la télévision, vous entendez quelqu’un critiquer vivement un homme politique que vous appréciez et votre esprit commence à débattre à propos de ce qui est dit, vous éprouvez des sentiments de frustration;
6. Vous regardez votre montre et votre esprit vous dit «je suis en retard», vous faîtes preuve d’impatience et vous vous pressez;
7. Lors d’une réunion amicale, vous êtes enthousiaste et heureux de parler à autrui. Votre corps vital échange et partage de nombreux sentiments avec les personnes avec qui vous parlez. Cet échange vous incite à parler et à boire davantage et vous fait oublier, au moins momentanément, la tristesse que vous avez ressentie les jours d’avant. Vous vous nourrissez des sentiments des autres;
8. Votre colocataire est triste et s’ennuie, vous êtes également gagné par la déprime. Alors vous passez des heures devant la télévision, ce qui en fait stimule tout un tas de pulsions vitales au fur et à mesure que vous êtes submergé par les émotions dégagées par les acteurs et que vous soulagez votre ennui.

Dans les exemples ci-dessus, vous voyez que parfois le corps vital initie une réaction en chaîne qui met en œuvre le corps physique, le corps mental et le corps intellectuel (exemples 7 et 8) mais parfois c’est ce dernier qui initie une réaction des autres corps comme le corps vital (exemple 5). La plupart du temps, c’est le corps mental qui initie cette réaction en chaîne (exemple 1, 2 et 6). Si vous voyez, entendez, sentez, goûtez ou écoutez quelque chose ou que vous l’imaginiez, comme par exemple si vous fantasmez sur ce qui va se passer lors de votre rendez-vous amoureux le prochain weekend, vous commencez à vous réjouir, à trépider, à convoiter ou avoir peur. Observez comment le corps physique peut provoquer une réaction du corps vital (exemple 3) ou que le contraire se produise (exemple 4). En remontant à la source, nous pouvons déterminer si c’est une réaction habituelle qui nous pousse à réagir de la sorte et si c’est le cas, nous pouvons faire disparaître cette source de souffrance. Devenir conscient de l’interaction de ces cinq corps est la première étape dans ce que nous nommons «l’étude de soi» ou «la purification des désirs» que nous étudierons ultérieurement. Voyons tout d’abord comment la société s’est organisée pour protéger ses membres d’éventuels dégâts dus à des passions incontrôlées.

La suppression, l’expression et les exigences des désirs du corps vital

Afin de réfréner les élans et les appétits du corps vital qui n’est pas capable de discrimination, dès que la société s’est organisée, il a fallu adopter des règles, des lois et des codes moraux. Et depuis, les humains ont dû contrôler leurs sentiments de façon à se conformer aux normes sociales de leur époque. Aujourd’hui, une cohorte de psychologues et de thérapeutes aident ceux qui cherchent à guérir de leur inhibition. La thérapie par la parole et de nombreuses autres approches de la psychologie moderne nous encouragent aujourd’hui à exprimer nos émotions. Afin de pouvoir se comporter conformément aux normes de la société actuelle, il est préférable d’exprimer ses émotions plutôt que de les réprimer. Mais jusqu’à un certain point. Au-delà, le corps médical a pris le relais et ses «grands prêtres», les psychiatres occidentaux (à l’origine psychiatre veut dire «médecin de l’âme, de la psyché») font totalement confiance aux médicaments pour contrôler les états émotionnels instables et les tendances à l’autodestruction. Ils ont largement échoué dans leur mission de guérir la psyché ou les souffrances de l’âme. La majorité d’entre nous souffre de névroses et nous n’avons jamais vu auparavant autant de personnes prendre des médicaments pour guérir de leurs névroses. Parmi les substances que nous pouvons nous procurer librement, l’alcool et les drogues récréationelles restent les choix de prédilection des personnes qui présentent des troubles de l’humeur. La télévision et les divertissements proposés par les médias viennent juste après.

Les personnes religieuses et spirituelles qui ont cherché à se libérer complètement des exigences tyranniques du corps vital dans les monastères ou les ermitages ont adopté l’approche souveraine du sevrage. Jusqu’à ce que, ou à moins de faire une longue retraite, nous ne puissions nous faire une idée de ce que cela implique ou du rôle dominant que tiennent le corps vital et ses désirs dans notre vie. Familiarisez-vous avec cette approche spirituelle en éteignant la télévision, en débranchant le téléphone et l’ordinateur, en observant le silence, en jeûnant et en évitant toutes formes de distractions pendant plusieurs jours, chez vous ou dans un lieu loin de chez vous. Le corps vital va constamment chercher des distractions. Si elles ne sont pas satisfaites, vous pouvez être gagnés par l’apathie et l’ennui. Mais cette approche peut vous transformer complètement. Les chercheurs spirituels apprennent à canaliser leur énergie vitale par la méditation et transforment leur façon de voir la vie. Elles apprennent à ralentir, cultivent le calme et finalement à purifier leur soi des désirs et comportements habituels. C’est un long processus et peu font preuve de persévérance ou sont même enclins à laisser de côté leurs habitudes, ne serait-ce que quelques jours ou quelques semaines.

La maîtrise des désirs du vital

Aujourd’hui, les choses n’ont pas changé, nous devons faire face aux mêmes défis et aux mêmes résistances, aux changements de la nature humaine, mais nous n’avons plus besoin de nous isoler du monde pour arriver à maîtriser les désirs du corps vital. Tout le savoir, les techniques et la sagesse spirituelle nécessaires pour nous purifier de notre égoïsme et de nos désirs ont été publiés ou même sont disponibles sur internet. Mais la majorité d’entre nous est encore sous la coupe des religions organisées, qui malheureusement essayent toujours de nous contrôler en inculquant la punition/la peur de la damnation éternelle ou de la rétribution karmique. La religion s’attache aux formes extérieures tels que les personnalités, les symboles, les systèmes de croyances, les cérémonies, l’architecture etc. L’esprit est sans forme. Alors comment peut-on entrer en communication avec lui? Comment peut-il être compris? Nous devons le chercher en nous-mêmes et apprendre à calmer le grondement du mental et du vital. Nous ne pouvons pas l’atteindre, il est en nous 24 heures sur 24. C’est merveilleux. Mais nous l’ignorons en raison des distractions et des désirs créés par notre corps vital. Par la spiritualité nous ne cherchons pas à atteindre quelque chose mais nous apprenons à lâcher prise par rapport à ce que nous ne sommes pas et cherchons à être Celui que nous sommes véritablement.

Ce qui manque souvent aux chercheurs spirituels, c’est de comprendre qu’ils arriveront à un bien-être spirituel et émotionnel, uniquement s’ils parviennent à contrôler et dominer d’un moment à un autre, et en dépit des agitations de leur vie ambiante, les pulsions du vital et des fantasmes mentaux. Nous ignorons cela, ce qui est dû, non seulement aux religions comme nous l’avons vu plus haut, mais aussi au «matérialisme spirituel» de notre époque où la spiritualité est confondue avec les expériences psychiques ou visionnaires, les pouvoirs, les canalisations d’entités désincarnées ou d’autres expériences sensationnelles ou bien le fait de se sentir «particulier» ou de faire des «expériences particulières». Mais c’est seulement lorsque vous acceptez de n’être personne de particulier et de ne pas vouloir expérimenter quelque chose de particulier, qu’à ce moment, vous commencez à avancer sur le chemin spirituel. Car tant que vous voulez être différent, vous vous mettez à l’écart des autres. Et quand vous parvenez à l’unité universelle sur le plan spirituel, vous n’êtes plus séparé, ni différent. Ce n’est que l’égo qui aspire à être à part. Et par conséquent, ce n’est pas en trouvant quelqu’un de “particulier ou supérieur”, même s’il est très élevé spirituellement, que vous allez guérir de vos névroses.

Lorsque nous approchons de notre chemin spirituel avec maturité et de manière intégrale, nous travaillons à changer le corps vital en apaisant ses manifestations, en devenant conscient de son jeu et de toutes ses fluctuations. Nous pouvons alors utiliser la raison pour l’assouvir et finalement utiliser son énergie vers la réalisation de la Vérité, du Bon et du Merveilleux. Notre discipline devient un instrument pur et parfait de l’Esprit, si nous percevons ce qui nous attend. En s’armant de patience, en faisant preuve de persévérance et d’une volonté indomptable de ne pas abandonner, le chercheur spirituel s’astreindra à la discipline ou la sadhana suivante:

1. Observez minutieusement ce que vous ressentez intérieurement, en étant attentif à vos pulsions, vos sentiments et vos émotions et identifiez avec attention ce que le vital cherche à obtenir par l’action ou la réaction suggérée; observez et discernez le désir, la peur, l’orgueil, la dépression, la possessivité, l’avidité, le désespoir, le besoin de contrôler, etc..., dans toute leur nudité, sans artifice.
2. Gardez ce mantra “ne pas le manifester par une action” en prenant la ferme résolution que jusqu’à ce qu’il retrouve le calme dans son esprit et dans son cœur et qu’il soit complètement libre, il ou elle n’obéira pas à ce que lui dicte son vital. Répétez «je ne le ferai pas». Même un succès partiel rajoutera un pavé sur la route vers la victoire finale.
3. Développez le Témoin conscient, en toutes circonstances. En cultivant le détachement, en cessant de s’identifier aux pensées, aux émotions, aux désirs, aux pulsions qui généralement absorbent votre conscience en vous faisant «rêver les yeux ouverts».
4. Raisonnez avec le vital en gardant à l’esprit votre but de vous réalisez spirituellement et d’être serein. Dites-lui: «tu es en train de perdre ton contrôle et ta félicité pour une passion éphémère, un plaisir vain et sans valeur ou une satisfaction au moment présent qui déjà s’envole». «Pourquoi faire une montagne de pas grand-chose».
5. Exercez votre volonté en vous lançant des défis afin de déstabilisez votre équilibre émotionnel, progressivement, donnez-vous des défis plus difficiles. Afin de développer votre volonté: (a) Développez une discrimination claire, l’aptitude à détecter et reconnaître les désirs et les pulsions du vital; (b) soyez convaincu de la nécessité de développer une vie spirituelle en étudiant des textes classiques de la spiritualité et en réfléchissant sur les vérités dictées par ces textes; (c) cultivez dans votre cœur un amour constant et intense pour le Divin, sous la forme que vous désirez ou comme la Vérité, la Bonté ou la Conscience elle-même; (d) aspirez à constamment progressez et vous perfectionnez dans votre maîtrise du corps vital.
6. Lors de vos méditations tout d’abord, puis dans votre vie courante, efforcez-vous de dépasser l’esprit pour atteindre le psychisme ou l’âme et invoquez son pouvoir et sa lumière afin qu’ils transforment les fluctuations du vital. Pour vous aidez, soyez le témoin du mental, puis transcendez-le et enfin rendez-le silencieux. Le corps vital tente toujours d’asservir l’esprit, c’est pour cela que vous devez aller au-delà et vous placez dans la perspective de la conscience Témoin pure, calmer le tumulte des fluctuations du vital. Dans le silence, une intelligence supérieure agira à travers vous, vous donnant des instructions claires et un pouvoir merveilleux.
7. Faites appel à cette force de vie lumineuse en vous, qu’elle remplace le désir qui émane du vital. C’est un Pouvoir Divin rayonnant, empreint de paix, de force et de félicité, donnez-lui la possibilité de se manifester dans votre vie courante.
8. Et enfin, ce qui doit accompagner toutes les étapes précédentes: envoyez constamment au Divin une prière sincère venant de votre cœur, demandez à la Grâce de maîtriser et neutraliser les pulsions du vital qui vous perturbent. Rien ne résiste à la puissance de cette Grâce et si votre prière est exprimée sincèrement, ne doutez pas de son efficacité. Le vital ne peut résister à cette force.

Pourquoi transformer le vital ?

Votre âme aspire, votre égo désire. Votre âme aspire à «la Vérité, au Bon, au Merveilleux» qui est au cœur de la dimension spirituelle de notre être et, si vous êtes capable de le voir sous cet angle, potentiellement dans chaque relation, chaque expérience. L’âme aspire à voir l’Unique qui se distingue de la multitude. L’âme aspire à se libérer de ce que l’égo lui dicte: «J’ai besoin», «je veux», «pauvre de moi», «j’ai peur». Votre âme aspire à l’union avec la Réalité fondamentale sous-jacente à tout ce que l’esprit sépare et divise. Le vital est sous l’emprise de l’égo, mais l’égo ne mène nulle part. Tant que le vital n’interrompt pas cette allégeance et n’aspire pas totalement à la réalisation de «la Vérité, du Bon et du Merveilleux» et de «l’Unique», il continuera à engendrer des désirs, des obstacles et beaucoup de souffrance comme nous l’avons vu précédemment. Notre nature humaine est programmée pour cela. Comme l’a dit Sri Aurobindo, «une révolution est nécessaire dans la nature humaine». Nous pouvons voir non seulement le besoin d’un changement radical, mais aussi le potentiel de changement. Pour cela, cependant, nous devons discerner les pulsions et les mouvements du désir, ne pas les laisser vivre dans l’imagination ni les extérioriser. Que le désir implique une attraction ou une aversion, l’avidité, la convoitise, l’ennui, la peur, que vous obteniez ou non ce que vous voulez, tous les désirs sont des pièges de l’égo et causent de la souffrance. Ils vous ramènent à votre «petit moi» à qui il manque quelque chose et qui par conséquent souffre. Nous ne pouvons pas trouver de bonheur durable dans les choses qui ne le sont pas. C’est en appréciant chaque moment que nous trouverons le bonheur durable car notre âme se délecte en étant le Témoin qui est pure conscience. A ce moment, notre âme nous guidera et fera descendre en nous un pouvoir et une conscience plus élevés. Plus nous réduisons l’influence du corps vital, plus nous sentons la réalité de notre âme ou notre être psychique, qui nous guide. Cela se produit ici et maintenant, à chaque instant et à chaque fois que nous sommes à même de voir les choses plus en profondeur, nous distinguons l’Unique parmi la multitude. Tout un monde de possibilités infinies s’ouvre à nous où nous sommes libérés de nos désirs. La réalisation spirituelle n’est plus le but, mais le point de départ vers une transformation complète de notre nature humaine à tous les niveaux. Nous progressons à chaque instant et nous ne succombons plus aux vieilles habitudes de notre nature humaine.
De grandes âmes comme Jésus, Bouddha, Ramakrishna, Gandhi, Babaji et Sri Aurobindo nous ont montré le chemin vers la réalisation de Dieu et ont atteint la perfection humaine.
Que leur exemple et leurs paroles nous guident et nous inspirent tous dans notre aspiration à réaliser le Divin.

Anatomy of desire : creatinge emotional balance through spiritual self awareness

vivekananda Mercredi décembre 1, 2021

Anatomy of desire : creatinge emotional balance through spiritual self awareness
By Marshall Govindan Satchidananda

Have you ever wondered why your desires are so compelling ? Why you can suddenly feel irritated, even angry when unexpected obstacles prevent you from getting what you want ? Have you wondered why subsequent frustration can make you depressed when you are tired, but aggressive when you are feeling strong ? Have you noticed how your thoughts depend upon your feelings ? Do you find yourself fretting over the small stuff in the business of life ? Do you notice yourself complaining repeatedly for little or no reason ? What makes you get excited ? What makes you feel bored, full of inertia ?

If you want to be a master of your life you must understand why and how desires and the subsequent feelings and emotions arise within you. You are responsible for the desires that arise within you! And you are also responsible for how you respond to them. But understanding the “anatomy of desire” is only the first step. After understanding comes the necessary work of transforming your human nature so that you can develop spiritual and emotional well being.

Who are you? The Anatomy of the subtle body

Developing emotional well being begins with the fundamental question: “Who Am I?” People suffer because they identify with their physical body, passing emotions and thoughts. After some spiritual introspection one realizes that one cannot be something which is here one moment, and gone the next. Ones’ body, emotions and thoughts are continuously changing. One can only be what always is, what never changes.

What part of you always is? What part of you never changes? The enlightened ones, the spiritually realized tell us that Who you really are is The Witness Conscious within, the inner Seer to your life’s drama. It is experienced behind the thought “I am.” Not “I am this or that” but simply “I am.” Indeed, it is the formless, timeless core of being, your soul, the spiritual body if you will. It is the secret psychic being , the divine element within you. It also becomes your guide, which knows the truth, the good, the true delight and beauty of existence when you are consciously your soul, and when mind, life and the body take their true place as its instruments.

The soul, the psychic being, moves through this world using the four vehicles known as the physical body, the vital body, the mental body, and the intellectual body. According to yoga, the anatomy of the human being is not limited to our physical body, but is actually composed of several concentric bodies, or sheaths of energy-consciousness, from gross to subtle levels.

1. The physical body: the material, visible part of the human being, including the body consciousness at the cellular level which acts without any mental will of our own or even against that will;

2. The vital body: the field of human nature which is made up of desires, sensations, feelings, passions, energies of action, will of desire, possessive and other related instincts, anger, fear, greed, lust, sorrow, joy, hatred, repulsions, pride, small likings and disliking, preferences, etc. The mental and the vital are mixed up on the surface of the consciousness but they are separate forces in themselves.

3. The mental body sense-mind; that part which has to do with cognition, perception through the senses, the reactions of thoughts to things, the putting out of mental forces for realization of an idea; the expression of ideas through speech.

4. The intellectual body: reasoning-mind; that which analyzes, synthesizes and constructs ideas from signs, indications and gathered data; mind is a subordinate power of Intelligence. Mind takes its stand in the standpoint of division, actually forgetful of the oneness behind, though able to return to it by the illumination which occurs when the individual transcends himself or herself, and becomesconscious of the Ultimate Truth and Reality underlying all names and forms.

5. The spiritual body: the eternal true being or Self of the individual; the spiritual consciousness is that in which we enter into the awareness of Self, the Spirit, the soul, and is able to see in all things their essential reality and the play of forces and phenomena as proceeding from essential Reality.

Each of these five bodies interacts with one another continuously. However, we usually ignore their action as our consciousness is absorbed in their play. Being able to discern and distinguish the functioning of each of them develops gradually through the practice of meditation and awareness training in daily life.

Egoism: a case of mistaken identity with the vehicles of your gross and subtle anatomy

But the above first four “bodies”are only vehicles for our soul or spiritual body,, Furthermore, they are continuously changing. While repetition of emotions or thoughts or even physical sensations creates the illusion of permanence, in fact there is nothing permanent about anything related to these bodies. Like the snail, whose nervous system is so undeveloped, that it does not notice for several seconds that an obstacle has been removed from its path, so the human brain fails to notice the fundamental background behind all phenomena, which is conscious energy, and consequently we falsely identify with what we are not. This limitation is egoism: the habit of identifying with physical sensations, emotions, feelings and thoughts simply because they often repeat themselves, creating the illusion of permanence. And therefore, if I am the body, the emotions, and the mind, then whatever I do to make them feel pleasure or to avoid pain becomes a primary source of motivation. Actions, words and thoughts, when often repeated form habits, and consequently, we develop habitual likes and dislikes. So, when we feel the impulse of a desire, for example, to engage in any particular activity, for example eating ice cream, or to feel a particular emotion or even to dwell on certain memories, it is done with the sense of “I am” this feeling, this memory or this action. We hear the mind echoing the desire impulse with statements like: “I need to do this,” “I think” or “I’m depressed.”

Recognizing the Vital Body, the seat of desires and emotions

We are fundamentally animals, but with an evolved nervous system, which enables us to conceive of perfection, recognize our imperfections and devise strategies and apply willpower to bridge the two. But like all other animals we do have a vital body, which is the seat of our emotions and desires. Desire is the basic manifestation of the vital body. The vital body, more subtle than the physical, but grosser than the mental body, enlivens us with its energy. It constantly penetrates and influences, even corrupts the functioning of all other parts of our being. The vital is that part of our complex human nature that contains in itself all the effective potency for action. All our dynamic urges, bubbling enthusiasm and the intensity of passion have their seat here.

One is conscious of the vital body whenever ones feels apathy, sadness, fear, pride, anger, lust, courage, or even a desire for love or acceptance by others. There are literally dozens of distinct variations for each of these emotions. They all arise essentially out of a need by the ego to be loved or to control. All of these many types of emotions become desires when instead of detaching from them, instead of recognizing the fundamental disturbance they create to our well being, we indulge them in fantasy or act to realize them. In contrast to what manifests in ordinary human nature, it is instructive to reflect upon what the great 20th century sage, Ramana Maharshi said, when asked to describe his state of enlightenment: "Now nothing can disturb me anymore." If the mood of the vital becomes disturbed, it may lead to serious consequences in (1.) causeless sorrow or grievance; (2.) complaining; (3.) the slightest hindrance to what one wants engenders a sense of rancor, impatience and injured innocence; (4.) a proneness to psychological aggressiveness; (5.) obstacles in the path to realizing a desire disturb one’s composure; (6) expectation of praise from others; (7.) making “mountains out of molehills”; (8.) morbid pleasures, perverse fascination for the sorrow and suffering of others; (9.) recalling those weaknesses of nature which one have already been rejected; (10.) turning spiritual life into a dry desert, depriving it of its sweetness and inherent bliss; (11.) resistance towards the spiritual aspirations and efforts to purify oneself of habitual desires. While on the positive side, it constantly seeks delight in life’s experiences, it has no power of discrimination.

Life seen from the perspective of the vital

Here are some typical experiences involving the vital body:

1. A split second after hearing your spouse complain about something you forgot to do, your vital body feels guilty and defensive;

2. At the airport you hear an announcement that your flight has been cancelled and a moment later your vital is feeling anxiety. At the same time, you intellectual body is saying “what am I going to do? “And then “I need to call so and so.”

3. Physical hunger pangs and weakness provoke the vital feelings of impatience and nervousness.

4. Remembering the death of a loved one, you feel depressed, and then look for something to eat as compensation, and you find yourself wondering about life after death.

5. Watching the news on television, you hear someone make inflammatory comments about your favorite politician, and as your mind begins to debate what they said, your vital releases feelings of frustration.

6. After looking at your watch and hearing your mind say “I am late,” your vital releases impulses of impatience and pushes you to move faster.

7. At a social gathering you feel excited and happy as you talk to others. Your own vital body is exchanging and sharing many such feelings with those with whom you are talking. This exchange causes you to talk more, drink more, and to suspend at least temporarily the mood of depression you have been feeling for many days. You are feeding off of the vital feelings of others.

8. Your roommate is bored and depressed. You feel depressed too. Consequently, you spend many hours watching television, which in turn stimulates a whole range of vital impulses as you empathize with the emotions expressed dramatically by television actors, and relieve your boredom.

In the above examples we can observe that sometimes the vital body initiates a chain reaction involving the physical, mental and intellectual (example 7 and 8) but sometimes, it is the intellect, which initiates the reaction of the other bodies, including the vital (example 5). Most often, it is the mental body which initiates the chain reaction (examples 1, 2, and 6). Either you see, hear, smell, taste or hear something, or you do so in your imagination, for example, you fantasize what will happen on your date this weekend, and then begin to feel excitement, trepidation, lust, or fear. Notice that the physical body can provoke a reaction in the vital (example number 3) or the reverse may occur (example 4). By tracing the chain reaction back to its source, we can determine whether there is a habitual reaction, which is causing us to react the way we do to life’s happenings, and if so, heal that source of suffering. Becoming aware of the interplay of the five bodies is the first step of what is referred to as “self-study” and “purification of desires,” which we will turn to in a later section, but first let’s discuss how society has organized itself to protect its members from the potential damage of the uncontrolled vital passions.

Suppression, Expression and Starving of the Vital Body’s Desires

Because of the vital body’s lack of discrimination, to curb its impulses and appetites, as soon as humans began to organize themselves socially, rules, laws and moral codes were adopted. And ever since, humans have had to suppress their feelings in order to adjust to the social norms of their times. Today, an army of psychologists and therapists supports individuals who seek to heal the consequences of such suppression. We are encouraged today to express our emotions in talk therapy and innumerable other approaches of modern psychology. Expression of emotions is considered to be superior to suppression, at least in adjusting our behavior to the norms of society. But only up to a point. Beyond that point, vital impulses have become medical conditions in the Western, material culture, and its high priests, psychiatrists, (which in the original sense of the term meant “physicians of the soul, the psyche,”) have relied heavily upon prescription medicine to control our emotional roller coaster, and tendencies to self destruction. They have largely failed to fulfill their larger mandate: to heal our psyche, or soul’s suffering. The vast majority of us are suffering from neuroses, and never before in human history have so many been trying to control their desires with prescription medication. Alcohol and recreational drugs remain the over the counter mood altering agents of choice, followed by television and other forms of mass media entertainment.

Among religious or spiritual adepts who have sought to liberate themselves completely from the vital body’s tyrannical movements, in monasteries or hermitages, starvation of the vital has been the ruling strategy. Until or unless an individual goes on a long retreat, one has no idea of what that involves or of how dominant a role the vital and all its servant desires has in one’s life.

Introduce yourself to this traditional spiritual approach. Turn off the television, unplug the phone and computer, observe silence, fast and avoid your usual forms of distraction for several days at home, or preferably somewhere far away. The vital will constantly tempt you with restless longing for distraction and when resisted throw you into the inertia of dry boredom. But this approach can be powerfully transformational.

Spiritual aspirants learn to channel their vital energy through meditation into a new Witness perspective of life. They learn to slow down, cultivate calm, and if they persist to purify themself of desire and habitual behaviors. It is a long process, and few have the perseverance or even the inclination to leave the world behind for as little as a few days or weeks.

Mastery of the Vital Desires

Today, while human nature presents to us with the same challenges and resistance to change, we no longer have to isolate ourselves from the world in order to master the desires of the vital body. All of the knowledge, techniques and spiritual wisdom needed to spiritually purify ourselves of egoism and desire has been published or is even available on the internet. But most of us are still influenced by organized religion, which unfortunately still tries to control us by inciting fear of damnation or karmic retribution. Religion focuses on external forms: personalities, symbols, belief systems, ceremonies, architecture etc. The spirit is formless. So how can it be communicated? How can it be realized? One must turn within and learn to silence the roar of the vital and mental. The spiritual is not to be attained. It lies within us 24/7. It is in bliss all of the time. But we ignore it because of the distractions created by the vital and its servant desires. Spirituality has nothing to do with attaining; it has everything to do with letting go of what we are not, and being Who we truly are.

What is usually lacking among most spiritual aspirants is the realization that only by controlling and mastering from moment to moment, in the midst of the busy events of their lives, the impulses of vital desires and mental fantasies, can we ever reach spiritual, emotional well being. Ignorance of this due not only to organized religion, as cited above, but also to the “spiritual materialism” of our times, wherein spirituality is confused with visionary or psychic experiences, powers, channeling disembodied entities or other sensational states, as well as becoming “special” or having “special experiences.” But it is only when you are ready to be no one special and to experience nothing special you are in fact beginning to walk on the spiritual path. Because as long as you are special, you are apart from everyone else. And when you become one with everything in the spiritual dimension, you are no longer separate, no longer special. It is only the ego that is interested in specialness. And, consequently, it is not by finding someone “special,” however evolved spiritually they may, that you are going to heal your own vital neuroses.

In a mature, integral spiritual approach, we seek to convert the vital by quieting its movements, becoming more conscious of its play, using enlightened reason to curb it, and finally by turning its dynamism towards the realization of the True, the Good and the Beautiful. Having glimpsed these distant peaks, which metaphorically speaking lie on the horizon of our soul’s perspective of eternity, one cultivates an ardent aspiration for the conversion of the vital into a pure and perfect instrument of the Spirit.

Having established a foundation of patience, perseverance and indomitable will not to give up, the spiritual aspirant proceeds through the following stages of self-discipline or sadhana:

1. Observe carefully your inner field of experience, noticing the appearance of impulses, feelings and emotions, and with insight identify what the vital is seeking to achieve by the suggested action or reaction; observe and discern the desire, fear, pride, depression, possessiveness, greed, despair, need to control , etc. in all its nakedness, without disguise.

2. Keeps as one’s mantra “Not to manifest it in action;” taking the firm resolve that not until one regains ones composure of mind and heart and regains one’s inner liberty completely, he or she will not act out the suggested dictate of the impulsive vital. Repeat: “I shall not do it.” Even a partial success will pave the road to eventual victory.

3. Build up the Witness consciousness, bringing it more and more into every event and circumstances. Cultivating calm detachment, cease to identify with the thoughts, emotions, desires, impulses which generally absorb your consciousness causing you to “dream with your eyes open.”

4. Reason with the vital, keeping your goal of spiritual Self-realization, and emotional well being in view. Tell it: “You are throwing away Self-mastery and Bliss for a transitory passion, a vain and cheap pleasure or satisfaction in the vanishing present moment.” “Why make a mountain out of a mole hill?”

5. Use your willpower starting with small challenges to your emotional equilibrium, and gradually progressing as you develop strength. To develop your willpower: (a) develop clear discrimination, the ability to detect and recognize the desires and impulses of the vital ; (b) become convinced of the necessity for developing a spiritual life, by study of spiritual classical literature and deep reflection on the truths expressed therein; (c) enshrine within your heart a constant and intense love for the Divine, in whatever form you hold dearest, or as Truth, Goodness or Consciousness itself; (d) awaken a constant aspiration for progress and perfection in mastering the vital.

6. First in meditation, and then in daily life, go beyond the mind to the psychic, or soul level of your being, and invoke its power and light to convert the vital movements. To do so, witness the mind, then transcend it, and finally silence it. The vital always attempts to make the thinking mind its servant, so you must rise above the mind into the perspective of pure Witness consciousness, and from there calm the tumult of the vital movements. With a silent mind a higher intelligence will begin to act through you with clear directions and wonderful power.

7. Evoke the luminous life force which lies deep within you, making it replace the desire filled surface movements of the vital on the surface of the mind. It is a radiant Divine Power, full of peace, strength and bliss. Make this higher force active in the daily habitual field of action and reaction.

8. Not the last step, but one which must accompany all of them: send a steady and sincere prayer from your heart to the Divine, appealing for the action of its Grace to subdue and neutralize the vital impulse which is troubling you at that moment. Nothing can resist the force of such Grace, and if the prayer is sincerely expressed, one can never doubt its efficacy. No resistance of the vital can long withstand this force.

Why the vital must be transformed?

Aspiration is what your soul feels. Desire is what your ego feels. Your soul aspires for the “True, the Good, the Beautiful” which lies at the heart of the spiritual dimension of our being, and potentially in every relationship, every experience, if you can see things from its perspective. The soul aspires to see the One amidst the many. Ther soul aspires to free itself from ego-born suffering: “I need,” “I want,” “Poor me,” “I am afraid.” Your soul aspires to reunite with the fundamental Reality underlying everything which the mind makes separate and divided.The perspective of the ego is a dead end. And the vital is the ego’s most powerful servant. Until the vital switches its allegiance, and fully collaborates in the aspiration to realize the “True, the Good, and the Beautiful,” and “The One,”it will continue to provide unceasing desires, obstacles and great suffering, as described above. That is what our human nature is programmed to do. As Sri Aurobindo put it, “We need a revolution against our human nature.” We can see not only the need for radical change, but also the potential for change. To manifest it however, one must discern the impulses and movements of desire, not indulge them in our imagination and not allow them to manifest in action. Whether the desire involves attraction or aversion, greed, lust, boredom or fear, whether you are getting what you want or what you don’t want, all desires are a trap of the ego, and bring certain suffering. They all contract your identify back into “the little me” who is missing something, and who is consequently suffering

Lasting happiness cannot be found in things which do not last. It is found only when we enjoy every moment from the perspective of our soul, which finds delight through continual awareness, as the Pure Witness Consciousness. Only then can our soul, the psychic begin to lead us and begin to bring down a higher power and consciousness. The more we remove the influence of the vital body, the more our psychic being or soul can communicate to us its truth and guide in things both great and small. It happens here and now, during everyday situations, when we see things from this deeper perspective which permits us to see the One in the many. We begin to live in the eternal now of infinite possibility and freedom from desire. Spiritual realization becomes then not the goal, but the starting point of a complete transformation of human nature at all levels. We are a work in progress. We need not succumb to the habit patterns of our old human nature.

We have the shining examples of many great souls who have shown us the way to integrate God realization and effect human perfection including Jesus, Buddha, Ramakrishna, Gandhi, Babaji, Ramalinga and Sri Aurobindo.

May their example and words of wisdom guide and inspire us all as we aspire to realize our Divine potentiality.

La prière par rapport au yoga (version française)

vivekananda Lundi novembre 1, 2021
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La prière par rapport au Yoga
Par Marshall Govindan Satchidananda

La prière n’est pas une activité mentionnée dans les Sûtras du Yoga, la Bhagavad Gîta ou les Upanishads du Yoga. Pourquoi ? C’est une question intéressante dont la réponse nécessite de comprendre non seulement la nature de la prière et comment elle diffère de la pratique de méditation yogique, de l’autosuggestion et des mantras, mais aussi les buts du Yoga, et la façon dont vous répondez aux questions « Qui suis-je ? » et « Quelle est ma relation à Dieu ? ». Dans notre tradition du Yoga, il est aussi nécessaire de comprendre le mot « Guru ».

Qu’est-ce que la prière ? Comment diffère-t-elle des pratiques de méditations yogiques, des autosuggestions et des mantras ?

La prière est une demande d’aide, de pardon ou une expression de remerciement adressée à Dieu ou un objet de vénération. Elle est de quatre types principaux : adoration, repentir, remerciement et supplication. C’est aussi un espoir ou un souhait sincère, et contient par conséquent un élément de doute quant à son efficacité. C’est l’une des activités principales de toute religion. C’est une activité mentale souvent mélangée à l’émotion. Son absence dans la littérature du Yoga distingue le Yoga de la religion.

La Méditation dans le Yoga ne comprend aucune demande d’aide, de pardon, ni de demande adressée à Dieu ou à l’Être Suprême. Elle ne comprend aucune expression d’espoir ou de désir, ou aucun sentiment de doute. La concentration amène le calme et la pénétration des activités mentales et émotionnelles ordinaires à la dimension spirituelle et éternelle de l’infini où le yogi fait l’expérience de l’être absolu, de la conscience et de la félicité.

Une autosuggestion est une déclaration positive de changement pour motiver le subconscient, exprimée au présent et répétée dans un état de profonde relaxation. Patanjali nous dit dans le Sûtra du Yoga II.33 : « Lorsque l’on est asservi par des pensées négatives, leurs contraires devraient être cultivées ». Pour utiliser une analogie, si le subconscient est comme un ordinateur rempli de logiciels ou par analogie, avec des habitudes mentales, des conditionnements et des mémoires qui gouvernent ses pensées, ses paroles et ses actions, alors une autosuggestion est un programme installé délibérément par le propriétaire pour effectuer un changement positif. Une bonne partie de ce qui emplit le subconscient n’a pas été mise là délibérément. Les expériences de la vie laissent automatiquement des impressions ou des mémoires. Lorsqu’elles sont souvent répétées, ces impressions se renforcent et deviennent des habitudes. Alors, si vous voulez les retirer, la meilleure manière est de ne pas vous battre avec elles ni essayer de les supprimer, mais simplement de les remplacer par une nouvelle programmation.

De nombreuses personnes croient au pouvoir de la prière. Son efficacité a été étudiée par la science. Des études scientifiques menées à l’Université Duke ont confirmé que la prière est efficace pour accélérer le temps de guérison d’une personne suite à une opération. Mais rares sont ceux qui font un lien entre le pouvoir de la suggestion et l’efficacité de la prière. La pratique yogique de l’autosuggestion ne fait pas appel à un pouvoir supérieur, un Être Suprême. La prière le fait. La prière implique souvent un sentiment d’impuissance ou même de doute, de désespoir, de peur, de regret, de culpabilité ou d’indignité. En tant que telle, elle peut saboter le pouvoir même de la suggestion. Comme l’autosuggestion, la prière est plus efficace si elle est exprimée sans l’ombre d’un doute. Pour cette raison, l’incitation du prédicateur à prier avec une foi totale, voire une certitude, que le Seigneur fera ce qui est le mieux, protège la prière des effets du doute venant du subconscient.

Les mantras

Bien que les autosuggestions agissent au niveau du subconscient, elles peuvent éliminer de nombreuses habitudes mauvaises et des pensées négatives qui vous rendent la vie difficile. Cependant, il existe des pratiques spirituelles comme les mantras, qui vous lient à des niveaux superconscients, et qui vous permettent de vous aligner à la Volonté de votre Soi supérieur. Par « subconscient », je veux dire la capacité à recevoir la connaissance sans utiliser les cinq sens ou la mémoire. Par « spirituel », je me réfère à la dimension de l’existence qui transcende le temps et l’espace ; ce qui est une constante, qui ne change jamais. Elle est sans forme et sans limites. Elle est conscience pure. C’est le fondement de votre existence. Toutes les pensées et les évènements y ont leur origine et leur destination ultime.

Contrairement aux prières, les mantras ne font pas de requêtes. Vous ne demandez rien, sauf le Seigneur ou « Cela » lui-même. En tant que tels, ils vous aident à vous libérer de l’emprise de la nature de l’égoïsme, l’habitude de s’identifier avec le complexe corps-esprit et tous ses mouvements inhérents. Par définition, les mantras sont des véhicules sonores de la conscience, qui peuvent transmettre un niveau de conscience supérieur à celui qui reçoit dans un processus appelé initiation.

Les mantras sont un langage entre les niveaux de conscience, alors il est important de les répéter avec une telle concentration que votre conscience s’approfondit et s’élargit à la fois, comme une graine, qui se transforme en arbre. Vous suspendez les mouvements ordinaires du mental tout en répétant le mantra. Dans la conscience physique ordinaire, votre conscience, voire votre identité est absorbée dans les phénomènes vécus par les cinq sens. Vous êtes préoccupé par ce que vous voyez, écoutez, sentez sur la peau, etc. Dans la conscience de rêve ordinaire, qui inclut la rêverie, votre conscience est aussi contractée et absorbée dans des souvenirs et des imaginations, comme l’anxiété, le désir, les jugements. Pour tirer parti de la pratique du mantra, vous devez donc vous concentrer sur le son ou la prononciation du mantra, de façon à pénétrer les mouvements ordinaires du mental vers la dimension spirituelle. Le bénéfice sera d’autant plus grand si vous pouvez vous souvenir de l’état de conscience supérieur et sacré vécu lors de l’initiation au mantra. Cet état de conscience est un grand calme, et une énergie riche d’une présence, d’amour, de paix et de silence.

Le but du Yoga est d’affaiblir les causes de la souffrance et de cultiver la réalisation du Soi, ou samadhi selon Patanjali dans son Sûtra du Yoga II.2. Il affirme que la cause originale de la souffrance est l’ignorance de notre identité véritable. De là naissent les autres kleshas, ou causes de la souffrance : égoïsme, attachement, aversion et peur de la mort. (Sûtra du Yoga II.3-9) Votre réponse à la question « Qui suis-je ? » évolue à mesure que vous vous identifiez moins au corps physique, à la personnalité, aux pensées, aux émotions, à votre passé, et davantage à une conscience témoin. Au fur et à mesure que votre identité évolue, votre conception de Dieu évolue également. La pratique du Yoga entraîne une évolution de votre identité : je suis mon corps, je suis une mère, un père, un professionnel, un homme, une femme, admirateur de telle équipe, je suis membre de tel parti politique, j’ai froid, j’ai faim, ou simplement Je suis. Vous vous identifiez à celui qui Voit, ou le Soi, pas à celui qui est Vu. Vous vous identifiez à Cela qui ne change jamais. Vous éprouvez de plus en plus un sentiment d’unité avec tout. Je suis en tout, tout ce qui est en moi est expérimenté. Au fur et à mesure que votre identité évolue, vous réalisez que l’égoïsme, avec ses attachements ou ses désirs, et ses aversions et ses peurs, est la cause de votre souffrance, et vous apprenez à les « laisser aller ».

Dans l’état de conscience égoïste ordinaire, Dieu est vu comme celui qui peut m’aider à satisfaire mes désirs ou éviter ce que je crains. La prière est un moyen de communiquer ces désirs. Mais quand votre but n’est plus d’essayer de satisfaire les manifestations de l’ego, mais plutôt de vous élever au-dessus de celles-ci, de les abandonner, et de vous identifier à votre Soi véritable, de demeurer comme un Témoin, et simplement de remplir votre devoir et de suivre un chemin qui vous permettra de rester dans un état de conscience supérieur, alors votre relation avec Dieu change. La méditation remplace la prière. La recherche d’un état de communion spirituelle avec le Seigneur ou la recherche de conseils ou de sagesse remplace la prière de demande. Vous avez confiance que le Seigneur vous aime et vous guide. Ainsi, vous cherchez à écouter la sagesse et les conseils du Seigneur en vous tournant à l’intérieur.

Quelle est ma relation à Dieu ?

C’est le sujet de la théologie, l’étude de la relation entre Dieu, l’âme et le monde. La croyance en leur réalité est appelée théisme. La croyance que ces distinctions ne sont pas réelles, mais illusoires, et qu’il n’existe qu’Un seul, souvent appelé Brahma dans la littérature indienne du Vedanta, s’appelle le monisme. La première est dualiste et est adoptée par toutes les religions occidentales, le yoga, le tantra et les principales sectes hindouistes : le Shivaïsme, le Vishnouisme, et le Shaktisme. La seconde est non-dualiste, appelée Advaita, elle est adoptée par les dix principaux ordres de renoncement hindous, le dasami, fondé par Adi Sankara, de même que Ramana Maharshi, et un nombre grandissant d’occidentaux. Dans ces traditions non dualistes, comme dans le bouddhisme, il n’y a pas de Dieu, pas d’âme et le monde est illusoire.
Patanjali répond clairement à la question ci-dessus dans le Sûtra du Yoga I.24 :

Ishvara est le Soi extraordinaire, qu’aucune affliction, aucune action, aucun fruit des actions ou aucune impression intérieure des désirs ne peut affecter.

Et il nous dit le but de cette relation dans le verset précédent I.23 : (Note 1).

Ou, grâce à l’abandon au Seigneur, on atteint avec succès l’absorption cognitive.

Contrairement au Samkhya, une grande partie du Vedanta et du Bouddhisme, le Yoga Classique, tel qu’il est exprimé dans les Sûtras du Yoga de Patanjali, affirme l’existence de Dieu, Ishvara. Dieu n’est pas créateur. Le cosmos, la vie et l’homme sont créés par prakriti, ou la Nature, à partir d’une substance primordiale. Mais Ishwara peut accélérer le processus de réalisation du samadhi. Pour cette raison, c’est le dieu des yogis. Il ne peut venir en aide qu’au yogi, c’est-à-dire celui qui a choisi le yoga comme voie. Mais le rôle d’Ishvara est relativement petit. Il peut amener le yogi qui le prend comme objet de sa concentration en samadhi.

Dans la Bhagavad Gîta, Krishna fait des affirmations similaires, et encourage Arjuna à se concentrer uniquement sur « Moi ». Selon le verset ci-dessus, réaffirmé au verset II.45, Patanjali nous dit que cette aide divine n’est pas l’effet d’un « désir » ou « sentiment » - car Dieu ne peut avoir ni désirs ni émotions- mais d’une « sympathie métaphysique » entre le Seigneur, Ishvara et l’âme, purusa. En fait Ishvara est un purusa qui a toujours été libre, jamais touché par les causes de la souffrance. Dans ses commentaires de ce verset, le sage Vyasa nous dit que Dieu ne se soumet pas à l’appel des rituels ou des dévotions, ou de la foi en sa miséricorde, mais que son essence, sa conscience, collabore avec le Soi qui cherche l’émancipation par le Yoga. C’est donc une relation de sympathie, née du but ou du dessein de la Nature, pour collaborer à la délivrance des nombreux « mois » (purusa) empêtrés dans les mailles illusoires de l’existence. (Note 2 : Eliade)

Cependant, ce qui est de première importance dans les Sûtras du Yoga c’est la technique et la volonté, et la capacité de maîtrise de soi et de concentration des yogis. Pourquoi, me direz-vous, Patanjali a-t-il ressenti le besoin de présenter Ishvara ? La réponse est qu’Ishvara correspond à une réalité expérientielle : Ishvara peut en fait amener au samadhi, à condition que le yogi pratique l’abandon complet ou Ishvaraprahnidhana ou la dévotion à Ishvara. Sûtra du Yoga II.45.

Ayant rassemblé et classé toutes les techniques yogiques dont l’efficacité a été confirmée par la tradition classique, il ne pouvait pas ignorer les expériences rendues possibles par l’unique processus de concentration sur Ishvara (et affirmées dans la Bhagavad Gîta). En d’autres termes, comme Eliade le souligne : à côté de la tradition d’un Yoga purement magique – qui ne fait appel qu’à la volonté et au pouvoir personnel de l’ascète – il y en a une autre, une tradition « mystique », dans laquelle les dernières étapes de la pratique du Yoga étaient au moins facilitées par la dévotion – même elle est extrêmement raréfiée, extrêmement « intellectuelle » – à Dieu… Finalement, Ishvara est seulement un archétype du yogi – un « macroyogi ».

Quelle est ma relation à Dieu selon le Yoga Siddhantha, l’enseignement des Siddhas du Yoga ?

Le Siddhantha, tel qu’exprimé dans le Tirumandiram, enseigne que votre conception du Seigneur évolue en même temps que votre identité psychologique. (Note 4)

Ces relations comprennent les stades suivants :

Charya : le serviteur, celui qui cherche, sert, et commence à s’associer avec d’autres qui cherchent le Seigneur ;

Kriya : l’ami, celui qui a trouvé un chemin vers le Seigneur, qui est familier avec le Seigneur, et qui effectue des rituels, soit des cérémonies extérieures ou des pratiques intérieures ;

Yoga : le fils ou la fille, le yogi, chez qui commencent à se manifester les qualités du Seigneur et

Jnana : l’unité, le sage, l’homme avisé ou siddha, l’être parfait, qui a la connaissance de l’unité avec Siva, l’unique, l’éternel, le bienheureux.

Toutes ces relations incluent une aspiration pour la grâce, et une purification progressive des taches ou impuretés : l’ignorance, l’égoïsme, le karma et l’illusion ou maya. La métaphore qui les représente est votre changement de perspective lorsque vous regardez à distance une montagne (charya), puis trouvez un chemin qui gravit la montagne (kriya), vous familiarisez avec la montagne en montant plus haut (yoga) et finalement atteignez le sommet de la montagne (jnana).

Le chercheur de Dieu ou la Vérité voit au départ Dieu comme éloigné et impossible à connaître, mais une fois qu’il a trouvé un chemin spirituel, et se concentre sur sa discipline, il réalise enfin l’union avec Cela. Ceci exprime le théisme moniste, dans lequel on commence à considérer Dieu autre que soi-même, et finalement comme étant l’essence de soi-même, énergie consciente, Siva-Shakti.
Le Tirumandiram fait référence à une descente progressive de la grâce divine à travers ces stades de purification. (Note 5)

Le Tirumandiram décrit les cinq fonctions du Seigneur : création, préservation, dissolution, obscurcissement et grâce. Elles se manifestent par Sa Shakti ou pouvoir, selon les 36 tattvas ou principes de la Nature, de même que par le karma.

La grâce imprègne les cinq fonctions du Seigneur et par conséquent tout ce qui est créé, préservé, dissous, obscur et empli de grâce dans nos vies personnelles. Lorsque nous percevons et apprécions cela, instant après instant, notre souffrance cesse immédiatement, et nous voyons le visage du Seigneur. (Note 6)

Les Siddhas enseignent que la grâce du Seigneur est ce qui élève l’âme en haut de l’échelle de l’expérience spirituelle, soulageant doucement l’âme du monde et révélant la lumière plus grande de la sagesse et de la connaissance du Soi. La grâce est la compassion du Seigneur. Contrairement au karma, elle ne dépend pas des mérites ou démérites des activités. C’est la réponse du Seigneur à l’aspiration de l’âme pour la Vérité, le Bon et le Beau.

__« Personne ne peut saisir sa forme cosmique ;
Mais le corps composé des cinq éléments
Se répand délicatement comme le lait dans l’eau,
La parfaite félicité que j’ai appris à vivre inlassablement. »__
- Tirumandiram, verset 450 (Note 7)

Tant que l’obstruction dure, on ne parvient pas à percevoir la présence du Seigneur intérieur. Mais par la grâce du Seigneur, lorsque l’on se détourne de l’attachement à la personnalité corps-esprit, et que l’on se purifie des taches, on commence à avoir des expériences spirituelles. Avec celles-ci et la félicité qu’elles confèrent, on se tourne de plus en plus vers le Seigneur intérieur, en union. Par la grâce du Seigneur, on trouve la félicité ultime.

Les Siddhas n’ont jamais fait l’éloge d’aucune déité hindoue ni encouragé les maisons « à mi-chemin » du culte du temple. Ils étaient radicaux, dans le vrai sens du terme, et ont encouragé chacun à chercher le Seigneur à l’intérieur, et à manifester Cela. Parmi leurs grands dictons, on peut citer Anbu Sivam ou « l’Amour est Dieu » et Jiva (l’âme individuelle) devient Siva, et « Ils ne sont pas deux ». Leur conception préférée du Seigneur était vetavelli ou « vaste espace lumineux ». (Note 8)

Le Kriya Yoga de Babaji est un « guru yoga »

« Guru, Dieu et le Soi ne font qu’Un » est un grand proverbe ou mahavakya dans la tradition du Yoga. Je l’ai adopté au moment où j’ai perçu la grandeur de Paramahansa Yogananda et Yogi S.A.A. Ramaiah. Cela est devenu très clair pour moi lorsque j’ai entendu le verset du Siddha Tirumular :

__L’ignorant affirme que l’amour et Siva sont deux ;
L’amour est Siva, ils ne savent pas ;
L’amour est Siva, une fois qu’ils savent cela ;
L’amour demeure en Siva.__
– Tirumandiram 270

Cela est devenu l’étoile polaire de ma vie lorsque je me suis consacré à la pratique du Kriya Yoga de Babaji et Sa mission pour partager le Kriya Yoga Siddhantham tamoul, les enseignements des 18 Siddhas du Yoga tamouls. Cela me revient à l’esprit à chaque fois que je répète le mantra de Babaji « Om Kriya Babaji Nama Aum. ». Les Siddhas du Yoga vénéraient leurs gurus. On ne trouve nulle part dans leurs écrits des éloges pour des déités, ou de la vénération pour de petits dieux dans les temples, car ils se sont réalisés comme étant Siva, l’Être Suprême. Leur yoga est un Guru Yoga.

Leurs poèmes commencent habituellement par une salutation à leurs gurus. C’est parce qu’ils ont connu Dieu dans l’amour de leurs gurus. Ils ont expérimenté le pouvoir de leur amour et en retour ont répondu en manifestant l’amour et même des actes divins. Je peux témoigner du pouvoir de cet amour et comment cela a agi sur moi depuis le jour où j’ai prononcé les mots du serment : « j’abandonne entièrement mon être et mes plaisirs à Kriya Babaji ». Ces 45 dernières années ont été une séance permanente de Karma Yoga, qui exprime cet amour et cet abandon à Babaji en chacun.

Le mot « Guru » signifie littéralement « dissipateur des ténèbres ». « Gu » veut dire ténèbres et « ru » lumière. « Ténèbres » est une métaphore pour l’ignorance. L’ignorance est l’incapacité à distinguer ce qui est permanent de ce qui est impermanent, la source de la souffrance de la source de la joie et la personnalité liée à l’ego du vrai Soi. Ainsi, le Guru est celui qui nous montre comment éliminer les ténèbres de l’ignorance et réaliser la sagesse. Lorsque le voile de l’ignorance est retiré, l’amour brille comme une lumière toute puissante à l’intérieur comme à l’extérieur. Le Guru n’est pas une personne. Le Guru est un tattva, un principe de la nature par lequel la Vérité, l’Amour, la Beauté, la Sagesse sont révélés.

Il peut se manifester à travers tout ce qui nous permet de voir profondément la Vérité derrière les voiles de la nature, qui purifie des malas ou taches de l’égoïsme, l’illusion et le karma. Cela peut se manifester à travers un livre, les yeux d’un bébé, un lever de soleil, une expérience spirituelle, un mantra. Lorsque cela se manifeste de manière constante par une personne, nous l’appelons « guru », mais il ne faut pas oublier que ce n’est pas la « personne » qui est le « guru », mais les enseignements, la sagesse, l’amour qui se manifeste par cette personne. La personne est juste la messagère. En nous souvenant de cela, nous pouvons éviter la confusion qui survient lorsque les limitations humaines de la personne se manifestent.

Le Guru tattva est aussi le principe par lequel la Nature crée, soutient, détruit toute vie à la fois dans nos univers intérieurs et extérieurs, de la façon nécessaire pour nous permettre de passer de l’ignorance à la sagesse, de l’égoïsme à la réalisation du Soi. Il existait bien avant que l’univers soit créé, et transcende donc le temps et l’espace. Le principe du Guru existe en chacun de nous comme le Soi intérieur, ainsi lorsque nous honorons le Guru extérieur, nous honorons aussi notre propre Soi. Il est la Shakti impersonnelle, la force spontanée qui crée tout ce dont nous avons besoin pour une plus grande expansion de notre sadhana. C’est plus puissant que le guru extérieur, car c’est toujours accessible.

Le mot Guru est aussi étroitement lié au mot « Guna », qui fait référence aux trois tendances, modes, composantes ou qualités par lesquelles la Nature (prakriti) nous fait bouger physiquement, émotionnellement et mentalement : (a) tamas (inertie, fatigue, découragement, doute), rajas (activité, courage, planification et exécution) et sattva (équilibre, équanimité, compréhension claire). Ainsi, le Guru est celui qui nous montre comment nous libérer de la dépendance aux Gunas. Les Siddhas qualifient cette mission qui est la leur de arrupadai : montrer la voie vers le Soi et la réalisation de Dieu.

Patanjali parle de cette libération en tant que kaivalyam, la libération de celui qui est vu dans les Sûtras du Yoga II.25, III.50, III.55, IV.26, IV.32 et IV.34. Dans le dernier verset des Sûtras du Yoga :

Ainsi, l’état suprême de la Liberté Absolue (kaivalyam) se manifeste pendant que les qualités (gunas) se réabsorbent dans la Nature, n’ayant plus le but de servir le Soi. Ou (sous un autre angle) le pouvoir de la conscience pure s’installe dans sa propre Nature.
Yoga sutras – IV.34 (Note 9)

Chercher Babaji pour devenir Babaji

Nous sommes tous une œuvre inachevée. Individuellement et collectivement, en tant que sadhakas qui ont entrepris une sadhana, ou une discipline de yoga, nous découvrons notre pouvoir et notre conscience potentiels, la kundalini, en plus des restrictions de la nature humaine et l’égoïsme. Le résultat de la transformation dans ce processus dépendra de l’engagement du mental et du vital du sadhaka à se détourner de l’ego pour rediriger son allégeance vers l’âme ou la psyché.

L’ego ne peut se purifier. Ce n’est que notre Soi supérieur, notre âme, qui n’est pas affecté par les manifestations de l’ego, qui est capable de le faire. Comment le faire avancer au premier plan de notre conscience ? Comment faire pour que son influence fasse pression sur l’ego ?

Bien sûr, la voie à cinq branches du Kriya Yoga de Babaji offre plusieurs techniques qui aident à purifier le subconscient, à développer la concentration nécessaire, à créer une imagerie mentale positive et à développer la capacité intellectuelle à trouver la sagesse. Par contre, notre âme, ou Être Psychique, demeure cachée derrière le voile du mental, des émotions et des sensations à moins que le sadhaka se concentre intérieurement et trouve la lumière mystique, la douce présence du Divin, le Vrai, le Bon, le Beau, qui est imminent et transcendant.

Le Guru, Dieu et le Soi sont Un. Dans la première initiation, il y a une technique pour communiquer avec Babaji, le Guru du Kriya Yoga. Cette technique de communion avec Babaji permet à notre âme, notre Soi supérieur, ou tel que le nomme Sri Aurobindo, notre « Être Psychique », de quitter l’arrière-scène derrière le voile de l’égoïsme de plus en plus souvent, jusqu’à la complète identification avec elle. Habituellement, la complète identification avec notre âme se produit seulement après une très longue sadhana. Cette identification est marquée par une très grande joie qui est présente dans toutes les situations. L’on se sent immortel, c’est-à-dire éternel. L’on sent la douce Présence du Divin.

En attendant que le long processus de purification et d’identification avec le Soi supérieur, notre âme, soit complet, le sadhaka doit se tourner vers l’intérieur à plusieurs reprises, se concentrer, écouter ses directives et ensuite, leur obéir. Tout ce qui doit être purifié dans notre nature sera révélé. Tout ce qui doit être réformé ou retiré sera mis en lumière. Le vrai souverain que vous êtes vous attend ! Ce n’est pas suffisant d’être « attentif ». Aspirez à être le servant du Suprême. Demandez l’aide du Divin afin de résister à l’impulsion de manifester la colère, la fierté, la jalousie et laisser aller la peur, le désir et les vieilles habitudes négatives. Avec l’amour et la dévotion envers le Divin en tout temps et en tout lieu, aspirez à devenir son instrument, en exprimant la gentillesse, en effectuant les actions avec compétence et calme. Voyez le beau visage du Divin en tous. Laissez votre cœur chanter pour lui avec amour et joie. Votre âme avancera au premier plan lorsque votre mental et votre vital deviendront silencieux, et elle dirigera votre vie. (Note 10)

Notes:
1. Govindan, Marshall, Sûtras du Kriya Yoga de Patanjali et des Siddhas
2. Eliade, Mircea, Yoga, Immortality and Freedom; pg. 74
3. Ibid, page 75;
4. Govindan, « Comment mesurer le progrès spirituel ? »
KY Journal: Volume 14 Numéro 3 - Automne 2007 et Kriya Yoga : réflexions sur le chemin spirituel
5. Ganapathy, The Yoga of Tirumular: Essays on the Tirumandiram, page 36
6. Govindan, « Voir la manifestation de la Grâce » KY Journal: Volume 17 Numéro 2 - Été 2010
7. Tirumular, The Tirumandiram: Classic of Yoga and Tantra.
8. Govindan, « Ils ne sont pas deux » Journal du Kriya Yoga, Volume 20 Numéro 4 - Hiver 2014
9. Govindan, « L’amour, la Grâce et le Guru » Journal du Kriya Yoga Volume 22 Numéro 3 - Automne 2015
10. Govindan, « Chercher Babaji pour devenir Babaji » Journal du Kriya Yoga : Volume 24 Numéro 2 - Été 2017

www.babajiskriyayoga.net

Prayer vs Yoga (english version)

vivekananda Lundi novembre 1, 2021

Enfant Prie
Prayer versus Yoga
By Marshall Govindan Satchidananda

Prayer is not an activity which is mentioned in the Yoga Sutras, the Bhagavad Gita, nor the Yoga Upanishads. Why? This is an intriguing question whose answer requires an understanding of not only the nature of prayer, and how it differs from the yogic practice of meditation, auto-suggestion and mantras, but also the purposes of Yoga, how you answer the questions “Who Am I?” and “What is my relationship to God?” In our tradition of Yoga, it also requires an understanding of the word “Guru.”

What is prayer? How does it differ from the yogic practices of meditation, autosuggestions and mantras?
Prayer is a solemn request for help, forgiveness or an expression of thanks addressed to God or an object of worship. It has four main types: adoration, contrition, thanksgiving and supplication. It is also an earnest hope or wish, and therefore contains an element of doubt as to its efficacy. It is one of the principle activities of any religion. It is a mental activity often mixed with emotion. Its absence in the literature of Yoga distinguishes Yoga from religion.

Meditation in Yoga does not include any request for help, forgiveness, nor any petition directed to God or a Supreme Being. It does not include an expression of hope or desire, nor any feeling of doubt. Concentration brings stillness and penetration of the ordinary mental and emotional activities to the eternal, infinite spiritual dimension where the yogin experiences absolute being, consciousness and bliss.

An autosuggestion is a positive statement of change to motivate the subconscious, expressed in the present tense, and repeated when one is in a state of deep relaxation. Patanjali tells us in Yoga Sutra II.33: “When bound by negative thoughts, cultivate their opposite.” To use an analogy, if the subconscious is like a computer filled software or analogously, with mental habits, conditioning and memories that direct ones thoughts, words and actions, then an autosuggestion is a program which is installed deliberately by the owner of the computer to effect a positive change. Much of what fills the subconscious was not put there deliberately. Life experiences leave impressions or memories automatically. When often repeated these impressions become stronger and become habits. So, if you want to remove them, the best way is not to fight them or try to suppress them, but to simply replace them with new programming.
Many persons believe in the power of prayer. Its effectiveness has been studied by science. Scientific studies at Duke University have confirmed that prayer is effective in accelerating the time required for someone to recover from surgery. But few make the connection between the power of suggestion and the effectiveness of prayer.

The yogic practice of autosuggestion makes no appeal to a higher power, a Supreme Being. Prayer does. Prayer often implies a feeling of helplessness or even doubt, despair, fear, regret, guilt or unworthiness. As such, it may be sabotaging the very power of suggestion. Like autosuggestion, prayer is most effective when it is expressed without any hint of doubt. For this reason, the preacher's admonition to pray with full faith, even certainty, that the Lord will do what is best, protects the prayer from the effects of doubt on the subconscious mind.

Mantras

While autosuggestions work at the level of the subconscious, they can help remove many of the bad habits and negative thinking which make your life difficult. However, there are spiritual practices such as mantras, that link us to superconscious levels, and which enable you to align yourself with the Will of your higher Self. By "superconscious" I mean the capacity to receive knowledge without using the five senses or memory. By "spiritual," I refer to that dimension of one's existence, which transcends time and space; that which is a constant, which never changes. It is formless and limitless. It is pure consciousness. It is the ground of your existence. All thought and events have their ultimate origin and destination there.

Unlike prayers, mantras are not petitionary. You ask for nothing, save the Lord or "That" itself. As such they help to free you from the grasping nature of egoism, the habit of identifying with the body-mind complex and all of its inherent movements. By definition, mantras are sound vehicles of consciousness, which can transmit a higher level of consciousness to the recipient in a process referred to as initiation.

Mantras are a language between levels of consciousness, so it is important to repeat them with so much concentration that your consciousness both deepens and widens, like a seed, which grows into a tree. You suspend ordinary mental movements while repeating the mantra. In ordinary physical consciousness, your consciousness, even your identity is absorbed in the phenomena being experienced through the five senses. You are preoccupied with what we are seeing, reading, hearing, feeling on the skin etc. In ordinary dream consciousness, which includes daydreaming, your consciousness is also contracted and absorbed in memories and imaginations like anxiety, desire, judgments. To gain the benefit of mantra practice, therefore, you need to concentrate on the sound or pronunciation of the mantra in order to penetrate the ordinary movements of the mind to the spiritual dimension. The benefit will be even greater if you can remember the sacred, higher state of consciousness experienced during the initiation into the mantra. That state of consciousness is a wide calm, and energy rich with presence, love, peace and silence.

The purpose of Yoga is to weaken the causes of suffering and to cultivate Self-realization, or samadhi according to Patanjali’s in his Yoga Sutras II.2. The original cause of suffering, he states, is ignorance of our true identity. From this, originate the other kleshas, or causes of suffering: egoism, attachment, aversion and fear of death. (Yoga Sutras II.3-9) Your answer to the question “Who am I?” evolves as you identify less with the physical body, personality, thoughts, emotions, our past, and more with a witnessing consciousness. As your identity evolves your conception of God also evolves. The practice of Yoga brings about an evolution in your identity: from I am my body, I am a mother, father, professional, male, female, fan of that team, member of that political party, I am cold, I am hungry, to simply I am. You identify with the Seer, or Self, not the Seen. You identify with That which never changes. You experience more and more a sense of unity with everything. I am in everything, everything is in me is experienced. As your identity so evolves, you realize that egoism, with its attendant attachments or desires, and aversions or fears, is the cause of your suffering, and you learn to “let go” of them.

In the ordinary egoistic state of consciousness, God is viewed as one who can help me to satisfy my desires or to avoid what I fear. Prayer is a means to communicate these wants. But when your aim is no longer to try to satisfy the ego’s manifestations, but rather to rise above these and to identify with your true Self, to let go of them, to remain as a Witness, and merely to fulfill your duties and follow a path which will enable you to remain in a higher state of awareness, then your relationship with God changes. Meditation replaces prayer. Seeking for a state of spiritual communion with the Lord or seeking guidance or wisdom replaces petitionary prayer. You trusts that the Lord loves you and is guiding you. Therefore, you seek to listen to the Lord’s wisdom and guidance by turning inwards.

What is my relationship with God?

This is the subject of theology, the study of the relationship between God, the soul, and the world. The belief in their reality is referred to as theism. The belief that these distinctions are not real, but illusionary, and that there exists only One, referred to often as Brahma, in the Indian literature of Vedanta, is referred to as monism. The former is dualistic, and is embraced by all Western religions, Yoga, Tantra and the major sects of Hinduism: Saivism, Vaishnavism, and Shaktism. The latter is non-dualistic, is referred to as Advaita, and is embraced by the ten major Hindu renunciant orders, the dasami, founded by Adi Sankara, as well as by Ramana Maharshi, and a growing number of Westerners. In these nondualist traditions, as in Buddhism, there is no God, no soul, and the world is illusionary.

Patanjali clearly answers the above question in Yoga Sutra I.24:
Ishvara is the special Self, untouched by any afflictions, actions, fruits of actions or by any inner impressions of desires.
And he tells us the purpose of this relationship in the previous verse, I.23: (Note 1).

Or, because of one’s surrender to the Lord, one successfully achieves samadhi, that is cognitive absorption.
Unlike both Samkhya, much of Vedanta, and Buddhism, Classical Yoga, as expressed in Patanjali’s Yoga Sutras, affirms the existence of God, Ishvara. This God is no creator. The cosmos, life, and man are created by prakriti, or Nature, from primordial substance. But Ishvara can hasten the process of realizing samadhi. He is therefore a god of yogis. He can come to the help of only a yogi, that is, one who has already chosen Yoga as his or her path. But Ishvara’s role is comparatively small. He can bring samadhi to the yogin who takes him as the object of his concentration. In the Bhagavad Gita, Krishna makes similar assertions, and exhorts Arjuna to concentrate on “Me” alone.

According to the above verse, reaffirmed in verse II.45, Patanjali tells us that this divine aid is not the effect of a “desire” or “feeling” – for God can have neither desires nor emotions – but of a “metaphysical sympathy” between the Lord, Ishvara and the soul, purusa. In essence, Ishvara is a purusa that has been free since all eternity, never touched by the causes of suffering. Commenting on this verse, the sage Vyasa tells us that God does not submit to being summoned by rituals or devotion, or faith in his mercy, but that his essence, consciousness, collaborates with us the Self that seeks emancipation through Yoga. This relationship is therefore one of sympathy, born of Nature’s purpose or design, to collaborate in the deliverance of the many “selves” (purusa) entangled in the illusory meshes of existence. (Note 2: Eliade).

However, what is for first importance in the Yoga Sutras is technique and the yogins will and capacity for self-mastery and concentration. Why, you may ask, did Patanjali, nevertheless, feel the need to introduce Ishvara? The answer is because Ishvara corresponds to an experiential reality: Ishvara can in fact, bring about samadhi, on condition that the yogin practices complete surrender or Ishvaraprahnidhana or devotion to Ishvara. Yoga Sutras II.45. Having collected and classified all the yogic techniques whose efficacy had be confirmed by the classic tradition, he could not ignore the experiences made possible by the single process of concentration on Ishvara, (and affirmed in the Bhagavad Gita.)
In other words, as Eliade points out: “alongside the tradition of a purely magical Yoga – one that called upon nothing but the will and personal powers of the ascetic – there is another, a “mystical” tradition, in which the last stages of Yoga practice were at least made easier by devotion – even though an extremely rarefied, extremely ‘intellectual’ devotion – to God….All in all, Ishvara is only an archetype of the yogin – a macroyogin.” (Note 3).

Unconditioned by time, Ishvara is the guru of the most ancient gurus.” Yoga Sutra I.26.

What is my relationship to God according to Yoga Siddhantha, the teaching of the Yoga Siddhas?

Siddhantha, as expressed in the Tirumandiram, teaches that your conception of the Lord evolves as your psychological identity evolves. (Note 4).

These relationships include the following stages:

Charya: the servant, who is seeking, serving, and beginning to associate with others who are seeking the Lord;

Kriya: the friend, one who has found a path to the Lord, familiar with the Lod, and who performs rituals, either external ceremonies or internal practices;

Yoga: the son or daughter, the yogi, in which one begins to manifest the qualities of the Lord; and

Jnana: oneness; the sage, the wise one, or siddha, the perfected one, with knowledge of unity with the one, eternal, blissful, Siva.

These relationships all include aspiration for grace, and a progressive purification of the stains or impurities: ignorance, egoism, karma and delusion or maya. They are represented metaphorically in the change in your perspective as you look at a distant mountain (charya), then find a path up the mountain (kriya), become familiar with the mountain as climb higher (yoga), and finally reach the top of the mountain (jnana). The seeker of God or Truth initially “sees” God as remote and unknowable, but after finding a spiritual path, and concentrating on its discipline, one finally realizes union with That. This expresses monistic theism, in which one begins by considering God to be other than oneself, and ultimately to being the essence of oneself, Conscious-Energy, Siva-Shakti. The Tirumandiram refers to a progressive descent of divine grace through these stages of purification. (Note 5).

The Tirumandiram describes the five functions of the Lord: creation, preservation, dissolution, concealment, and grace. These manifest through His Shakti or power, according to 36 tattvas or principles of Nature, as well as through karma.
Grace pervades all of the five functions of the Lord and consequently everything that is created, preserved, dissolved, obscure and gracious in our personal lives. When we can perceive and appreciate this, moment to moment, our suffering ends immediately, and we see the face of the Lord. (Note 6).

The Siddhas teach that the Lord’s grace is what leads the soul up the ladder of spiritual experience, easing the soul from the world slowly and revealing the greater light of wisdom and Self-knowledge. Grace is the compassion of the Lord. Unlike karma, it does not depend upon the merits or demerits of one’s activities. It is the response of the Lord to the soul’s aspiration for the True, the Good, and the Beautiful.

“His cosmic form no one can grasp;
But the body composed of the five elements
He pervades so finely like milk in water,
The wonderful bliss I learnt to experience tirelessly.”
- Tirumandiram verse 450 (Note 7).

As long as obscuration lasts, one is unable to perceive the presence of the Lord within. But through the grace of the Lord, as one turns away from attachment to the body-mind-personality and purifies oneself of the stains, one begins to have spiritual experiences. With these, and the bliss they confer, one turns more and more towards the Lord within, in union. Ultimate bliss is found by the Lord’s grace.

The Siddhas never praised any of the Hindu deities, nor encouraged the “half way” houses of temple worship. They were radical, in the truest sense of the word, and encouraged everyone to seek the Lord within, and to manifest That. Their great sayings included Anbu Sivam or “Love is God,” and Jiva (the individual soul) is becoming Siva, and “They are not two”. Their favorite conception of the Lord was as vettavveli, or “vast luminous space”. (Note 8).

Babaji’s Kriya Yoga is a “guru yoga”

“Guru, God and Self are One,” is a great saying or mahavakya in the tradition of Yoga. It is one that I personally embraced from the moment that I glimpsed the greatness of Paramahansa Yogananda and Yogi S.A.A. Ramaiah. It became crystal clear to me when I heard the verse of the Siddha Tirumular:

The ignorant say love and Siva are two;
Love is Siva, they know not;
Love is Siva, once they know this;
Love abides as Siva. – Tirumandiram 270

It became the polestar of my life when I dedicated myself to the practice of Babaji’s Kriya Yoga and His mission to share Tamil Kriya Yoga Siddhantham, the teachings of the 18 Tamil Yoga Siddhas. I am reminded of it every time I repeat Babaji’s mantra “Om Kriya Babaji Nama Aum.”

The Yoga Siddhas worshipped their gurus. Nowhere in their writings do they praise any deity, or worship any smaller gods in temples, as they have realized their selves as Siva, the Supreme Being. Their Yoga is a Guru Yoga. Their poems typically begin with a salutation to their gurus. This is because they experienced God in the love of their gurus. They experienced the power of their love and in turn responded by manifesting love and even divine acts. I can attest to the power of this love and how it has acted through me since the day in when I first spoke the words of a pledge, “My own being and pleasures I surrender absolutely and entirely to Kriya Babaji.” The past 45 years has been one continuous karma yoga session which expresses this love and surrender to Babaji in everyone.

The word “Guru” literally means “dispeller of darkness”. “Gu” means darkness and “ru” means light. “Darkness” is a metaphor for ignorance. Ignorance is the inability to distinguish what is permanent from what is impermanent, the source of suffering from the source of joy, and the ego bound personality from the true Self. So, the Guru is one who shows us how to remove the darkness of ignorance and to realize wisdom. When the veil of ignorance is removed, love shines as an all-powerful light within and without.

The Guru is not a person. The Guru is a tattva, a principle of nature, by which Truth, Love, Beauty, Wisdom is revealed. It may manifest through anything which enables us to see profoundly the Truth behind nature’s veils, which purifies of the malas or stains of egoism, illusion and karma. It could manifest through a book, the eyes of a baby, a sunrise, a spiritual experience, a mantra. When it manifests as consistently through a person, we often refer to that person as a “guru” but you must not forget that it is not the “person” which is the “Guru”, but the teachings, the wisdom, the love which manifests though the person. The person is just the postman. By remembering this, you may avoid the confusion which arises when the person’s human limitations manifest.

The Guru tattva is also the principle by which Nature, creates, sustains and destroys all life in both our inner and outer universes, in whatever way is necessary for us pass from ignorance to wisdom, from egoism to Self-realization. It has existed since before the universe was created, and so transcends time and space. The Guru principle exists within everyone as the inner Self, so when we honor the outer Guru, we also honor our own Self. It is the impersonal Shakti, the spontaneous force which creates whatever is needed for the greatest expansion of sadhana. It is more powerful than the external guru because it always accessible.

The word Guru is also closed related to the word “Guna,” which refers to the three tendencies, modes, constituents or qualities by which Nature (prakriti) moves us physically, emotionally and mentally: (a) tamas (inertia, fatigue, discouragement, doubt), rajas (activity, courage, planning and executing) and sattva (balance, equanimity, clear understanding). So the Guru is the one who shows us how to liberate ourselves from dependency on the Gunas.

The Siddhas referred to their mission to do so as arrupadai: showing the path to Self and God realization. Patanjali refers to this liberation as kaivalyam, freedom from the Seen in the Yoga Sutras II.25, III.50, III.55, IV.26, IV.32 and IV.34. In the very last verse of the Yoga Sutras:

Thus, the supreme state of Absolute freedom (kaivalyam) manifests while the qualities (gunas) reabsorb themselves into Nature, having no more purpose to serve the Self. Or (from another angle) the power of pure consciousness settles in its own pure Nature. – IV.34
(Note 9)

Seek Babaji to become Babaji

Each of us is a work in progress. Individually and collectively as sadhaks, those who are engaged in the sadhana, or discipline of Yoga we are discovering our potential power and consciousness, kundalini, as well as the restraints of human nature and egoism. The resulting transformation of this process, however, will depend upon the extent to which the sadhak’s mind and vital changes its allegiance to the soul or psyche, and away from the ego.

The ego cannot purify itself. It is only our higher Self, or soul, which is untouched by the ego’s manifestations, that is capable of doing so. But how to bring it forward into the foreground of our consciousness? How to bring its influence to bear upon the ego? Certainly, the five- fold path of Babaji’s Kriya Yoga provides many techniques which help to purify the subconscious, develop the necessary concentration, create positive mental imagery, and develop the intellect’s ability to find wisdom. Our soul, or psychic being, however, remains behind the veil of the mind, the emotions and sensations, until and unless the sadhak concentrates inwardly and finds the mystic light, the sweet presence of the Divine, the True, the Good, the Beautiful, which is immanent and transcendent. Guru, God and Self are One.

During the first initiation, there is the technique to communicate with Babaji, the Guru of Kriya Yoga. This technique of communion with Babaji permits our soul, our higher Self, or as Sri Aurobindo calls it, our “psychic being,” to come from behind the veil of egoism with increasing frequency, until there is a total identification with it. Complete Identification with our soul usually occurs only after a very long sadhana. This identification is marked by a very great joy which is present during all situations. One feels immortal, that is, eternal. One feels the sweet Presence of the Divine.

But in the meantime, until the long process of purification and identification with the higher Self, or soul, is complete, the sadhak must turn inwards repeatedly, concentrate, and listen to its directives, and then obey them. It will reveal everything that must be purified in one’s nature. It will shine its light on all that must be reformed or excised. The true sovereign that you are is waiting for you! It is not sufficient to be merely “mindful.” Aspire to be the servant of the Supreme. Concentrate and seek the Divine within yourself to resist the impulse to manifest anger, pride, jealousy and to let go of fear, desire, old negative habits.

With love and devotion to the Divine at all times and in all places, aspire to become its instrument, expressing kindness, performing actions with skills and calmness. See the beautiful face of the Divine everyone. Let your heart sing to it with love and joy. Your soul will come to the foreground as the mind and vital become quiet, and it will direct your life. (Note: 10)

Notes:
1. Govindan, Marshall, Kriya Yoga Sutras of Patanjali and he Siddhas;
2. Eliade, Mircea, Yoga,Immortality and Freedom; pg. 74
3. Ibid, page 75;
4. Govindan, “How do we know whether we are progressing spirituality?”
KY Journal: Volume 14 Number 3 - Fall 2007 and in Kriya Yoga Insights Along the Path.
5. Ganapathy, The Yoga of Tirumular: Essays on the Tirumandiram, page 36
6. Govindan, “Seeing the Manifestation of Grace,” KY Journal: Volume 17 Number 2 - Summer 2010
7. Tirumular, The Tirumandiram: Classic of Yoga and Tantra.
8. Govindan, “They are not two,”KY Journal, Volume 20 Number 4 - Winter 2014
9. Govindan, “Love, Grace and the Guru,” KY Journal Volume 22 Number 3 - Fall 2015
10. Govindan, “Seek Babaji to Become Babaji,”KY Journal: Volume 24 Number 2 - Summer 2017
© Marshall Govindan 2020

Les yamas contre la pandémie et la crise climatique (version française)

vivekananda Vendredi octobre 1, 2021

Arbre Et Racines
The Yamas versus the Pandemic and the Climate Crisis
By M. G. Satchidananda

The yamas or social restraints are non-harming, truthfulness, non-stealing, chastity, and greedlessness.
-Yoga Sutras: II.30

The yamas are the first stage or limb prescribed in Classical Yoga’s eight stages, astanga, for the fulfilment of dharma, social order, and every individual’s potential, or svadharma. The challenges of the pandemic and climate change, indeed every event in life is an opportunity to apply these social restraints, and so fulfil their purpose, to find wisdom.
The term yama is also the name of the Lord of Death, which reminds us of Yoga’s purpose: the death of the five causes of suffering: ignorance of our true identity, which in turns gives rise to egoism, attachment, aversion and fear of death. (Yoga Sutra II.3).

Ignorance is seeing the impermanent as permanent, the impure as pure, the painful as pleasurable and the non-self as the Self. – Yoga Sutra II.5.

This is the fundamental error to which human nature is prone. It involves the mistaken sense of identity with what we are not. We say: “I am tired” or “I am angry, worried or depressed.” We approach the truth, however, when we say: “my body is tired,” or “my mind is filled with thoughts of worry or feelings of anger”. Our current cultural context, the media, our language syntax and our education system all foster this fundamental error, which hides our true identity, the Self. The Self is the eternal witness, the Seer, a constant, pure One Being, infinite, all pervasive, immanent and transcendent.. Everything else is changing and will therefore be lost one day. By clinging to the impermanent, to what changes, we ignore the Real, and we suffer. All desire is painful for it creates an insatiable need to have something or to be something which we are not. Even when we fulfill desires there will always be more desires, as well as the desire not to lose what we have, hence more suffering.

Everyone in the world today is suffering from the effects of the pandemic of the Covid-19 virus because of this fundamental ignorance. Unless, however, one steps back and views it from the perspective of one’s true Self. This suffering manifests as fear, anger, doubt, frustration, and depression. But suffering is a great teacher from which anyone can learn, to the extent that one is sincere. If one seeks only temporary relief, for example, in distraction or in intoxicants, one learns nothing except perhaps that one must go deeper to find the ultimate cause of the suffering. As suffering conceals the truth, that is, what always is, who I truly am, and what is the source of joy, a sincere seeker will seek and apply wisdom teachings. As concealment, suffering obliges us to seek, and in doing so it is one of the five activities of the Lord’s Dance within each of us, through which we can receive grace: creation, preservation, dissolution, concealment and revelation.

Yamas are very important observances which facilitate both Self-realization and transformation of our human nature. By following the yamas, the practitioner’s mind is tamed and becomes a conduit for the unfettered experience of higher consciousness, from the Divine, the True Self. This goal is expressed in the following:

Yoga is the cessation of identifying with the fluctuations arising within consciousness. Then the seer abides in his own true nature. - Yoga Sutras: 1.2-1.3

Ahimsa: non-harming

In the state of divine union, Samadhi, the yogic sages have unanimously stated that all life is one. If we are to achieve that realization, we must affirm that oneness and unity by being kind, compassionate and respectful to all living beings in thought, word and actions.

Ahimsa is far more than non-harming, far more than the Biblical injunction: ‘Thou shalt not kill’. To live in ahimsa, it is important to develop an attitude of perfect harmlessness with positive love and respect for all life, not just in our actions, but in our thoughts and words as well. With perfection of ahimsa one realizes the unity and oneness of all life and attains universal love, peace and harmony. With perfect practice of ahimsa one rises above anger, hatred, fear, envy and attachment. Consequently, our consciousness becomes purified. By cultivating the opposite of himsa, forgiveness, we can turn away such feelings, which harm not only others, but ultimately ourselves.

The practice of ahimsa requires one to refrain from causing or wishing harm, distress or pain to any living being, including ourselves and the world we live in. It also requires one to dissuade others from harmful or violent actions, to intercede to prevent himsa or harm to others, in action, word or even thought. We should not only refrain from harming any living beings, but in all its manifestations – there can be violence in the way you close a door, cut someone off on the freeway, call out a name, or in the sour mood you inflict upon others.
How is the individual to practice ahimsa in daily life?

At some point in a person’s spiritual development, ahimsa becomes an expression of the inner feeling of unity with everything. Reverence for life becomes effortless. Until then, however, one must observe oneself and one’s personal behavior, seeing the inter-connectedness between ourselves and others locally and globally, as well as the consequences of one’s thoughts, words and deeds.

a. our thoughts. Our thoughts are powerful. Together with our vital body’s emotions they determine our words and our actions. If we have positive thoughts and emotions, such as enthusiasm, love, sympathy, confidence, we can inspire and uplift others. But if we have negative thoughts and emotions such as anger, resentment, depression, anxiety, pride, we harm others around us. Even if we do not mean to intentionally harm others, our coldness and indifference does so. On a practical level, instead of thinking critically of others we can choose to bless them, to wish them well. By loving others however, we increase not only our own level of energy, but that of others around us as well. Ahimsa is really a positive expression of love at this level.

b. our words. What we choose to say, or not say has consequences. Our words can harm others, particularly when expressed with a negative emotion, such as anger. And they harm ourselves by creating confusion in the mind. By being silent, speaking only what is necessary, after reflection, only what is edifying for others, we can bring peace not only to others, but to ourselves. When we are with others, we can be most helpful and loving by giving to them our full attention, as a good, sympathetic listener. Our greatest gift to others is the gift of our consciousness; and we can give this by being fully present. We can avoid giving offense or instilling resentment in others by not giving unwanted advice. When we are fully present and conscious, others around us also become more present and conscious. Bliss arises spontaneously as a consequence.

c. our actions. All of our actions have moral consequences. For example, how does your work effect the environment? As we are all interdependent, we are causing himsa to the environment when we add to the effect of greenhouse gases by our consumption of meat, or the use of the automobile, or our generating of a demand for forms of energy which contribute to global warming, Ignorance of these effects is no excuse. We are responsible whether we realize it or not. And the cumulative effect is very great. In our modern materialistic culture, the predominant values of consumption, competition, individualism and aggressiveness are responsible for the economic, environmental, health, political, and social crises we all face. Even a small effort to change our consumptive, selfish habits and to replace these values with those of ahimsa will have a significant effect. We must all learn to simplify, to conserve, to recycle, to consume locally grown whole foodstuffs, and to avoid creating a demand for products whose production unnecessarily harms the environment. During the pandemic we can avoid harming others by wearing masks and practicing social distancing. The first and foremost action we must all do if we are practicing ahimsa is to become vegetarian.

Harming others is ultimately harming oneself. Ahimsa begins with oneself, including ones’ body mind: purifying it of egoism, delusion and negative habits. It then includes those in one’s immediate social environment: family, friends, co-workers, and the animal friends for whom we are responsible. If we cannot always be compassionate, we can at least avoid deliberately harming others. We need to cultivate a universal sense of responsibility for one another and the planet we share.

Satya: truthfulness

Truthfulness, satya, implies not only the avoidance of lying, but also the avoidance of exaggeration, deceit, pretension, evasiveness, joking, and hypocrisy. Otherwise, we deceive ourselves, postpone the working out of actual karma, and create or reinforce new karmic consequences. By leaving aside all fiction, all imaginary or unreal things, in mind, speech and action, one quickly discovers what is truth, Sat, the absolute Reality. To speak only what is true is very revealing. So much of what is spoken is so unnecessary, so trivial and unreal. To cultivate silence, or to speak only what is edifying after reflection, brings great clarity to our minds and relationships.
The Siddhas have characterized our human condition: “We are dreaming with our eyes open.” When we allow our consciousness to be absorbed in the movements of the mind, and forget to observe the underlying reality, Sat, we are lost in our day dreams.

Satya, therefore, involves observing it as the background of consciousness behind everything, and secondly, referring to it to correct all disturbances. This is the cure for disorder.

Satya can be developed first by the yogin by being present in each situation. To cultivate this, one must slow down, take a deep breath, and then tune in to how it all is in this present moment. Doing one thing at a time, with full Witness consciousness also brings one into the realization of Sat.

Aside from cultivating beingness, or awareness in the present moment, satya can be developed with the help of vivek or discernment. Patanjali tells us in verse II.26 that discernment is the method for removing ignorance (avidya). He advises us to distinguish moment to moment, for increasing periods, what is permanent from what is transitory, the Real from the relatively unreal, the Self as distinct from the body-mind-personality, the source of bliss or unconditional joy, from the causes of suffering (klesahs) such as attachments and aversions.

Discernment also includes actions and choices which are informed by science with regards to the environment, the pandemic, and your health. Ignorance of the scientific process has resulted in widespread disbelief in the climate crisis and the risk of contagion from the Covid-19 virus, promoted by conspiracy theories and social media. A conspiracy theory can be defined as a theory that rejects the standard explanation for an event and instead credits a covert group or organization with carrying out a secret plot. Conspiracy theories seek to create mistrust of established authority and power. All institutions and individuals associated with “the system” are suspects: politicians, media, experts, scientists, healthcare institutions, pharmaceutical companies, and doctors. Such claims take advantage of widespread ignorance of how science arrives at facts, what constitutes high standards of journalism, as well as a contagion of fear that our institutions which support science and high standards of journalism, are themselves corrupted.

Asteya: not stealing

Yoga asks us to transform our human nature by observing the social restraint, or yama known as asteya, which according to the oldest sanskrit commentary on the Yoga-sutras means “the unauthorized appropriation of things belonging to another person.” As we shall see, asteya or stealing harms not only others, but also the one who steals. While we commonly associate stealing with the material property of other individuals, as in robbery, not paying a personal debt, tax evasion, or fraud, it also involves the theft of such intangibles as another’s time, identity, intellectual property, reputation, liberty, rights, and even theft from future generations of an unpolluted environment and non-renewable resources because of habitual over consumption.

Every thought, word and action has a consequence, according to the law of karma. Stealing engulfs our mind with dark thoughts including desire, fear, and guilt. It closes our heart, strengthens egoistic tendencies, and blinds us to the unity that we share with those from whom we steal. It is a manifestation of fear and weakness in the face of desire. By indulging it we give up our power of self-control and increases the hold that negative forces may have upon us. By stealing repeatedly, it becomes a habit, and as such we lose our freedom. Sooner or later, we will also have to repay the debt that we incur when we steal, and not just the principle. There will be interest charges added to the karmic debt of stealing. While the time when we must repay our debts will depend upon how much good karma we may have incurred, for example, through acts of charity or kindness, or other mitigating factors, all debts must eventually be paid.

The successful cultivation of asteya can occur with practice of the following:

1. remembering that the Divine loves you, and that because of this, everything that occurs in your life is designed to bring you home to the Divine embrace, to the realization of and communion with that perfect Love.
Because of this love, you will receive what you need, with necessary effort, and therefore, there is no need to covet what belongs to another, let alone allow yourself to act upon the desire, and steal what does not belong to you.

2. by returning to the source of one’s being in profound meditation every day, transcending the play of the “stains” of egoism, karma and maya.

3. by cultivating charity, the opposite of stealing, giving without any expectation of a reward. In so doing we come to know what is love and become its channel.
As with all negative tendencies in our human nature, we can cultivate the opposite. In this case, to give, rather than to take what belongs to others by right or justice.

4. by regularly repeating the affirmation: “I am an instrument of Divine Love. I give to others as I am able, seeing the Divine in everyone, enjoying the play which brings us to the embrace of the Divine.”

5. by monitoring the performance of our political leaders and the corporations we support through our purchases and investments. As planetary citizens it is our duty to do whatever we can to prevent organized theft.

6. by cultivating voluntary simplicity. This includes purchasing only what one truly needs, recycling, conservation, and focusing on the sublime purpose of life, Self-realization, through the practice of spiritual disciplines.

Brahmacharya : chastity or moving towards the Absolute.

Yoga asks us to transform our human nature by observing the social restraint, or yama known as brahmacharya. The word “char” means “moving” and the word “brahma” refers to “the Absolute,” so “brahmacharya” refers to one who is moving towards the Absolute. This involves turning one’s consciousness inwards, towards one’s true Self, and away from the distractions of the five senses. It is consistent with the Siddhas’ mahavakya, or great saying: “the jiva (individual soul) is becoming Siva (the absolute Being, Consciousness, Bliss).”

“Brahmacharya” is often defined as celibacy, which involves sexual abstinence in the physical, emotional or vital, as well as mental planes, or “chastity” which is a more positive term, referring to the virtue of mastery over sexual desire. While complete abstinence is required for the renunciant, for persons in the world, brahmacharya requires that one develop a mastery over the mind and vital, conserve sexual and sensual energy, and that one seek to identify with Brahman, the higher Self, Truth, the Witness. It requires that one see “Brahma,” the underlying, changeless reality, in the midst of all changes, dramas, and the ups and downs of karma. This absolute reality is featureless, and transcendent. To perceive it, one must first go deep within during meditation, to the silent, still ground of being, and then begin to bring the perception of That into daily life. So, “Brahmacharya,” involves seeing deeply into everything That which always is. It is not merely avoiding sensuality, the encouragement of desires and fantasies. It is really all about being present, with all of life’s experiences, seeing the One. The doorway to brahmacharya is mental silence. And such a mental silence is what occurs in the state of Self-realization or Samadhi. Therefore, brahmacharya is both a vehicle and the destination, a means and an end, in the purifying process of Yoga. As with the other yamas is only fully realized when one transcends the egoistic perspective, masters the vital and mental body’s habitual programming, and becomes established as in instrument of one’s true Self, the Divine.

In today’s hedonistic culture, the ideal of sexual abstinence and purity will strike most people as not only odd, but also impossible. It is neither. However, it may be necessary for the individual who wishes to practice it to reflect deeply upon the values and expectations of contemporary culture, as well as the nature of sexuality. To succeed in fulfilling this ideal one must take a wholistic approach and apply it patiently and persistently.

Aparigraha: greedlessness, is the opposite of “parigraha” which means “grasping at,” and whose root is “graha” or grasping.

This gives us a sense of how it feels to reach for something and then claim possession of it. In a subsequent verse of the Yoga Sutras, (II.39) Patanjali reveals enigmatically: “When one is established in greedlessness, illuminated knowledge of the how and why of one’s birth comes.” This is because as we give up greed or attachment, we begin to identify more and more with the Self. From the Self’s perspective, which ranges beyond time and place, knowledge of previous births and tendencies becomes accessible. We are no longer tied down to the limited current set of ego-based desires. The storehouse of deep-seated habitual tendencies in the subconscious becomes accessible. It is important to see them with detachment to realize the niyamas of purity and contentement. Many who do not, remain slaves to deep seated fears and desires.

Greedlessness includes not fantasizing over material possessions, nor coveting things belonging to others. Often people fantasize that if they could only become suddenly rich, by winning the lottery or marrying wealth, or winning big in the stock market, they would find lasting happiness. This is pure folly. Indulging in such fantasy simply distracts one from the inner source of lasting joy.
We are all guilty of both over-consumption and waste. In effect, we are habitually stealing the limited resources on this planet from not only future generations, but from the impoverished who cannot afford to pay for the basic necessities of life

When one has a real need that must be met, greedlessness does not mean that you make no efforts to fulfill them. But one does so without worrying about what will happen if one fails. Worry only creates confusion and robs one of the energy needed to do make required efforts. One does so with full faith in the guidance of one’s higher Self. One sees life’s challenges as opportunities to cultivate patience, overcome laziness, become courageous, and develop equanimity in the face of both disaster and success.

Greedlessness does not require one to become an ascetic, to possess nothing, although the practice of asceticism, radical non-attachment, is a powerful means to Self-realization. One can practice greedlessness as a householder, by combining dispassion and social engagement in an integral, or positive greedlessness that permits one to fulfill external obligations to one’s family, friends and community. Rather than giving up things, one cultivates generosity towards all others. One reaches out to others compassionately, seeking nothing in return. One shares with others and participates in the game of life, evolving consciously. As one finds joy and contentment in service to others, greedliness dissolves, strengthening the process of self-transformation.

Instead of being a “consumer,” one can become a conscious conservationist by purchasing only things that one really needs, that are well made, locally grown or produced, which will serve their purpose for a long time, and which are environmentally friendly. With regards to food, one can choose what is locally grown or produced. This produce may cost more to purchase, but it will cost less to the environment, and it will contribute to the local economy and to resolving the energy crisis.

To invest one’s time and energy supporting the good life that is a simple life is consistent with dharma, that which brings the realization of the True, the Good and the Beautiful. May the crises which we face collectively motivate us to free ourselves from greed, and to share, to find inner contentment, and to protect our Earth from those forces which are destroying it. For our sake, and for the sake of future generations.

We are all beset with obstacles and problems as we turn towards the divine, to reach our highest potential. It is necessary to be constantly examining your thoughts, words and actions with awareness and discrimination - you will then come to an understanding of why problems and obstacles occur, and by which means they can be avoided. By turning the attention within (Self-awareness) to observe the inner obstacles, thoughts and feelings, the obstructions will be revealed. You will realize what agitates the mind and veils the truth.

For much much, more on this topic see: my Ebook, “Opposite Doing: the 5 Yogic Keys to Good Relationships” at https://www.babajiskriyayoga.net/english/bookstore.htm#opposite_doing_ebook

The yamas versus the pandemic and the climate crisis

vivekananda Vendredi octobre 1, 2021
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The Yamas versus the Pandemic and the Climate Crisis
By M. G. Satchidananda

The yamas or social restraints are non-harming, truthfulness, non-stealing, chastity, and greedlessness.
-Yoga Sutras: II.30

The yamas are the first stage or limb prescribed in Classical Yoga’s eight stages, astanga, for the fulfilment of dharma, social order, and every individual’s potential, or svadharma. The challenges of the pandemic and climate change, indeed every event in life is an opportunity to apply these social restraints, and so fulfil their purpose, to find wisdom.
The term yama is also the name of the Lord of Death, which reminds us of Yoga’s purpose: the death of the five causes of suffering: ignorance of our true identity, which in turns gives rise to egoism, attachment, aversion and fear of death. (Yoga Sutra II.3).

Ignorance is seeing the impermanent as permanent, the impure as pure, the painful as pleasurable and the non-self as the Self. – Yoga Sutra II.5.

This is the fundamental error to which human nature is prone. It involves the mistaken sense of identity with what we are not. We say: “I am tired” or “I am angry, worried or depressed.” We approach the truth, however, when we say: “my body is tired,” or “my mind is filled with thoughts of worry or feelings of anger”. Our current cultural context, the media, our language syntax and our education system all foster this fundamental error, which hides our true identity, the Self. The Self is the eternal witness, the Seer, a constant, pure One Being, infinite, all pervasive, immanent and transcendent.. Everything else is changing and will therefore be lost one day. By clinging to the impermanent, to what changes, we ignore the Real, and we suffer. All desire is painful for it creates an insatiable need to have something or to be something which we are not. Even when we fulfill desires there will always be more desires, as well as the desire not to lose what we have, hence more suffering.

Everyone in the world today is suffering from the effects of the pandemic of the Covid-19 virus because of this fundamental ignorance. Unless, however, one steps back and views it from the perspective of one’s true Self. This suffering manifests as fear, anger, doubt, frustration, and depression. But suffering is a great teacher from which anyone can learn, to the extent that one is sincere. If one seeks only temporary relief, for example, in distraction or in intoxicants, one learns nothing except perhaps that one must go deeper to find the ultimate cause of the suffering. As suffering conceals the truth, that is, what always is, who I truly am, and what is the source of joy, a sincere seeker will seek and apply wisdom teachings. As concealment, suffering obliges us to seek, and in doing so it is one of the five activities of the Lord’s Dance within each of us, through which we can receive grace: creation, preservation, dissolution, concealment and revelation.

Yamas are very important observances which facilitate both Self-realization and transformation of our human nature. By following the yamas, the practitioner’s mind is tamed and becomes a conduit for the unfettered experience of higher consciousness, from the Divine, the True Self. This goal is expressed in the following:

Yoga is the cessation of identifying with the fluctuations arising within consciousness. Then the seer abides in his own true nature. - Yoga Sutras: 1.2-1.3

Ahimsa: non-harming

In the state of divine union, Samadhi, the yogic sages have unanimously stated that all life is one. If we are to achieve that realization, we must affirm that oneness and unity by being kind, compassionate and respectful to all living beings in thought, word and actions.

Ahimsa is far more than non-harming, far more than the Biblical injunction: ‘Thou shalt not kill’. To live in ahimsa, it is important to develop an attitude of perfect harmlessness with positive love and respect for all life, not just in our actions, but in our thoughts and words as well. With perfection of ahimsa one realizes the unity and oneness of all life and attains universal love, peace and harmony. With perfect practice of ahimsa one rises above anger, hatred, fear, envy and attachment. Consequently, our consciousness becomes purified. By cultivating the opposite of himsa, forgiveness, we can turn away such feelings, which harm not only others, but ultimately ourselves.

The practice of ahimsa requires one to refrain from causing or wishing harm, distress or pain to any living being, including ourselves and the world we live in. It also requires one to dissuade others from harmful or violent actions, to intercede to prevent himsa or harm to others, in action, word or even thought. We should not only refrain from harming any living beings, but in all its manifestations – there can be violence in the way you close a door, cut someone off on the freeway, call out a name, or in the sour mood you inflict upon others.

How is the individual to practice ahimsa in daily life?

At some point in a person’s spiritual development, ahimsa becomes an expression of the inner feeling of unity with everything. Reverence for life becomes effortless. Until then, however, one must observe oneself and one’s personal behavior, seeing the inter-connectedness between ourselves and others locally and globally, as well as the consequences of one’s thoughts, words and deeds.

a. our thoughts. Our thoughts are powerful. Together with our vital body’s emotions they determine our words and our actions. If we have positive thoughts and emotions, such as enthusiasm, love, sympathy, confidence, we can inspire and uplift others. But if we have negative thoughts and emotions such as anger, resentment, depression, anxiety, pride, we harm others around us. Even if we do not mean to intentionally harm others, our coldness and indifference does so. On a practical level, instead of thinking critically of others we can choose to bless them, to wish them well. By loving others however, we increase not only our own level of energy, but that of others around us as well. Ahimsa is really a positive expression of love at this level.

b. our words. What we choose to say, or not say has consequences. Our words can harm others, particularly when expressed with a negative emotion, such as anger. And they harm ourselves by creating confusion in the mind. By being silent, speaking only what is necessary, after reflection, only what is edifying for others, we can bring peace not only to others, but to ourselves. When we are with others, we can be most helpful and loving by giving to them our full attention, as a good, sympathetic listener. Our greatest gift to others is the gift of our consciousness; and we can give this by being fully present. We can avoid giving offense or instilling resentment in others by not giving unwanted advice. When we are fully present and conscious, others around us also become more present and conscious. Bliss arises spontaneously as a consequence.

c. our actions. All of our actions have moral consequences. For example, how does your work effect the environment? As we are all interdependent, we are causing himsa to the environment when we add to the effect of greenhouse gases by our consumption of meat, or the use of the automobile, or our generating of a demand for forms of energy which contribute to global warming, Ignorance of these effects is no excuse. We are responsible whether we realize it or not. And the cumulative effect is very great. In our modern materialistic culture, the predominant values of consumption, competition, individualism and aggressiveness are responsible for the economic, environmental, health, political, and social crises we all face. Even a small effort to change our consumptive, selfish habits and to replace these values with those of ahimsa will have a significant effect. We must all learn to simplify, to conserve, to recycle, to consume locally grown whole foodstuffs, and to avoid creating a demand for products whose production unnecessarily harms the environment. During the pandemic we can avoid harming others by wearing masks and practicing social distancing. The first and foremost action we must all do if we are practicing ahimsa is to become vegetarian.
Harming others is ultimately harming oneself. Ahimsa begins with oneself, including ones’ body mind: purifying it of egoism, delusion and negative habits. It then includes those in one’s immediate social environment: family, friends, co-workers, and the animal friends for whom we are responsible. If we cannot always be compassionate, we can at least avoid deliberately harming others. We need to cultivate a universal sense of responsibility for one another and the planet we share.

Satya: truthfulness

Truthfulness, satya, implies not only the avoidance of lying, but also the avoidance of exaggeration, deceit, pretension, evasiveness, joking, and hypocrisy. Otherwise, we deceive ourselves, postpone the working out of actual karma, and create or reinforce new karmic consequences. By leaving aside all fiction, all imaginary or unreal things, in mind, speech and action, one quickly discovers what is truth, Sat, the absolute Reality. To speak only what is true is very revealing. So much of what is spoken is so unnecessary, so trivial and unreal. To cultivate silence, or to speak only what is edifying after reflection, brings great clarity to our minds and relationships.

The Siddhas have characterized our human condition: “We are dreaming with our eyes open.” When we allow our consciousness to be absorbed in the movements of the mind, and forget to observe the underlying reality, Sat, we are lost in our day dreams.

Satya, therefore, involves observing it as the background of consciousness behind everything, and secondly, referring to it to correct all disturbances. This is the cure for disorder.

Satya can be developed first by the yogin by being present in each situation. To cultivate this, one must slow down, take a deep breath, and then tune in to how it all is in this present moment. Doing one thing at a time, with full Witness consciousness also brings one into the realization of Sat.

Aside from cultivating beingness, or awareness in the present moment, satya can be developed with the help of vivek or discernment. Patanjali tells us in verse II.26 that discernment is the method for removing ignorance (avidya). He advises us to distinguish moment to moment, for increasing periods, what is permanent from what is transitory, the Real from the relatively unreal, the Self as distinct from the body-mind-personality, the source of bliss or unconditional joy, from the causes of suffering (klesahs) such as attachments and aversions.

Discernment also includes actions and choices which are informed by science with regards to the environment, the pandemic, and your health. Ignorance of the scientific process has resulted in widespread disbelief in the climate crisis and the risk of contagion from the Covid-19 virus, promoted by conspiracy theories and social media. A conspiracy theory can be defined as a theory that rejects the standard explanation for an event and instead credits a covert group or organization with carrying out a secret plot. Conspiracy theories seek to create mistrust of established authority and power. All institutions and individuals associated with “the system” are suspects: politicians, media, experts, scientists, healthcare institutions, pharmaceutical companies, and doctors. Such claims take advantage of widespread ignorance of how science arrives at facts, what constitutes high standards of journalism, as well as a contagion of fear that our institutions which support science and high standards of journalism, are themselves corrupted.

Asteya: not stealing

Yoga asks us to transform our human nature by observing the social restraint, or yama known as asteya, which according to the oldest sanskrit commentary on the Yoga-sutras means “the unauthorized appropriation of things belonging to another person.” As we shall see, asteya or stealing harms not only others, but also the one who steals. While we commonly associate stealing with the material property of other individuals, as in robbery, not paying a personal debt, tax evasion, or fraud, it also involves the theft of such intangibles as another’s time, identity, intellectual property, reputation, liberty, rights, and even theft from future generations of an unpolluted environment and non-renewable resources because of habitual over consumption.

Every thought, word and action has a consequence, according to the law of karma. Stealing engulfs our mind with dark thoughts including desire, fear, and guilt. It closes our heart, strengthens egoistic tendencies, and blinds us to the unity that we share with those from whom we steal. It is a manifestation of fear and weakness in the face of desire. By indulging it we give up our power of self-control and increases the hold that negative forces may have upon us. By stealing repeatedly, it becomes a habit, and as such we lose our freedom. Sooner or later, we will also have to repay the debt that we incur when we steal, and not just the principle. There will be interest charges added to the karmic debt of stealing. While the time when we must repay our debts will depend upon how much good karma we may have incurred, for example, through acts of charity or kindness, or other mitigating factors, all debts must eventually be paid.

The successful cultivation of asteya can occur with practice of the following:

1. remembering that the Divine loves you, and that because of this, everything that occurs in your life is designed to bring you home to the Divine embrace, to the realization of and communion with that perfect Love.
Because of this love, you will receive what you need, with necessary effort,, and therefore, there is no need to covet what belongs to another, let alone allow yourself to act upon the desire, and steal what does not belong to you.

2. by returning to the source of one’s being in profound meditation every day, transcending the play of the “stains” of egoism, karma and maya.

3. by cultivating charity, the opposite of stealing, giving without any expectation of a reward. In so doing we come to know what is love and become its channel.
As with all negative tendencies in our human nature, we can cultivate the opposite. In this case, to give, rather than to take what belongs to others by right or justice.

4. by regularly repeating the affirmation: “I am an instrument of Divine Love. I give to others as I am able, seeing the Divine in everyone, enjoying the play which brings us to the embrace of the Divine.”

5. by monitoring the performance of our political leaders and the corporations we support through our purchases and investments. As planetary citizens it is our duty to do whatever we can to prevent organized theft.

6. by cultivating voluntary simplicity. This includes purchasing only what one truly needs, recycling, conservation, and focusing on the sublime purpose of life, Self-realization, through the practice of spiritual disciplines.

Brahmacharya : chastity or moving towards the Absolute.

Yoga asks us to transform our human nature by observing the social restraint, or yama known as brahmacharya. The word “char” means “moving” and the word “brahma” refers to “the Absolute,” so “brahmacharya” refers to one who is moving towards the Absolute. This involves turning one’s consciousness inwards, towards one’s true Self, and away from the distractions of the five senses. It is consistent with the Siddhas’ mahavakya, or great saying: “the jiva (individual soul) is becoming Siva (the absolute Being, Consciousness, Bliss).”

“Brahmacharya” is often defined as celibacy, which involves sexual abstinence in the physical, emotional or vital, as well as mental planes, or “chastity” which is a more positive term, referring to the virtue of mastery over sexual desire. While complete abstinence is required for the renunciant, for persons in the world, brahmacharya requires that one develop a mastery over the mind and vital, conserve sexual and sensual energy, and that one seek to identify with Brahman, the higher Self, Truth, the Witness. It requires that one see “Brahma,” the underlying, changeless reality, in the midst of all changes, dramas, and the ups and downs of karma. This absolute reality is featureless, and transcendent. To perceive it, one must first go deep within during meditation, to the silent, still ground of being, and then begin to bring the perception of That into daily life. So, “Brahmacharya,” involves seeing deeply into everything That which always is. It is not merely avoiding sensuality, the encouragement of desires and fantasies. It is really all about being present, with all of life’s experiences, seeing the One. The doorway to brahmacharya is mental silence. And such a mental silence is what occurs in the state of Self-realization or Samadhi. Therefore, brahmacharya is both a vehicle and the destination, a means and an end, in the purifying process of Yoga. As with the other yamas is only fully realized when one transcends the egoistic perspective, masters the vital and mental body’s habitual programming, and becomes established as in instrument of one’s true Self, the Divine.

In today’s hedonistic culture, the ideal of sexual abstinence and purity will strike most people as not only odd, but also impossible. It is neither. However, it may be necessary for the individual who wishes to practice it to reflect deeply upon the values and expectations of contemporary culture, as well as the nature of sexuality. To succeed in fulfilling this ideal one must take a wholistic approach and apply it patiently and persistently.

Aparigraha: greedlessness, is the opposite of “parigraha” which means “grasping at,” and whose root is “graha” or grasping.

This gives us a sense of how it feels to reach for something and then claim possession of it. In a subsequent verse of the Yoga Sutras, (II.39) Patanjali reveals enigmatically: “When one is established in greedlessness, illuminated knowledge of the how and why of one’s birth comes.” This is because as we give up greed or attachment, we begin to identify more and more with the Self. From the Self’s perspective, which ranges beyond time and place, knowledge of previous births and tendencies becomes accessible. We are no longer tied down to the limited current set of ego-based desires. The storehouse of deep-seated habitual tendencies in the subconscious becomes accessible. It is important to see them with detachment to realize the niyamas of purity and contentement. Many who do not, remain slaves to deep seated fears and desires.

Greedlessness includes not fantasizing over material possessions, nor coveting things belonging to others. Often people fantasize that if they could only become suddenly rich, by winning the lottery or marrying wealth, or winning big in the stock market, they would find lasting happiness. This is pure folly. Indulging in such fantasy simply distracts one from the inner source of lasting joy.

We are all guilty of both over-consumption and waste. In effect, we are habitually stealing the limited resources on this planet from not only future generations, but from the impoverished who cannot afford to pay for the basic necessities of life

When one has a real need that must be met, greedlessness does not mean that you make no efforts to fulfill them. But one does so without worrying about what will happen if one fails. Worry only creates confusion and robs one of the energy needed to do make required efforts. One does so with full faith in the guidance of one’s higher Self. One sees life’s challenges as opportunities to cultivate patience, overcome laziness, become courageous, and develop equanimity in the face of both disaster and success.

Greedlessness does not require one to become an ascetic, to possess nothing, although the practice of asceticism, radical non-attachment, is a powerful means to Self-realization. One can practice greedlessness as a householder, by combining dispassion and social engagement in an integral, or positive greedlessness that permits one to fulfill external obligations to one’s family, friends and community. Rather than giving up things, one cultivates generosity towards all others. One reaches out to others compassionately, seeking nothing in return. One shares with others and participates in the game of life, evolving consciously. As one finds joy and contentment in service to others, greedliness dissolves, strengthening the process of self-transformation.

Instead of being a “consumer,” one can become a conscious conservationist by purchasing only things that one really needs, that are well made, locally grown or produced, which will serve their purpose for a long time, and which are environmentally friendly. With regards to food, one can choose what is locally grown or produced. This produce may cost more to purchase, but it will cost less to the environment, and it will contribute to the local economy and to resolving the energy crisis.

To invest one’s time and energy supporting the good life that is a simple life is consistent with dharma, that which brings the realization of the True, the Good and the Beautiful. May the crises which we face collectively motivate us to free ourselves from greed, and to share, to find inner contentment, and to protect our Earth from those forces which are destroying it. For our sake, and for the sake of future generations.

We are all beset with obstacles and problems as we turn towards the divine, to reach our highest potential. It is necessary to be constantly examining your thoughts, words and actions with awareness and discrimination - you will then come to an understanding of why problems and obstacles occur, and by which means they can be avoided. By turning the attention within (Self-awareness) to observe the inner obstacles, thoughts and feelings, the obstructions will be revealed. You will realize what agitates the mind and veils the truth.

For much much, more on this topic see: my Ebook, “Opposite Doing: the 5 Yogic Keys to Good Relationships” at https://www.babajiskriyayoga.net/english/bookstore.htm#opposite_doing_ebook

Les blocages et le chakra du coeur (version française)

vivekananda Vendredi septembre 3, 2021
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Les blocages et le chakra du cœur
par Marshall Govindan Satchidananda

Avez-vous remarqué que votre mental a souvent tendance à retourner vers des mémoires ou des sentiments en particulier ?
Ils peuvent être reliés à certaines personnes avec qui vous avez des problèmes non résolus. Ils peuvent être associés à des expériences très agréables de votre passé, qui concernent, par exemple, la nourriture, le sexe ou une victoire dans un sport de compétition. Ils peuvent aussi être reliés à des expériences difficiles que vous avez peur de répéter : être attaqué physiquement, un divorce, une situation embarrassante, le rejet des autres. Vous êtes-vous demandé pourquoi ?

Dans la littérature classique du yoga et du tantra, ceci est appelé vasanas ou tendances et dans les discussions modernes sur le « corps/esprit », nous les qualifions généralement de « blocages ».
Au cours d’une seule et même journée, des milliers de choses sont expérimentées par l’un ou plusieurs des cinq sens. La plupart d’entre elles passent au travers de vous. Vous n’y pensez même pas. Par contre, certaines d’entre elles provoquent un enchaînement de pensées et d’émotions reliées aux mémoires et aux blocages ; ceux qui sont problématiques ou qui impliquent un plaisir extraordinaire. Les expériences qui restent coincées et forment des blocages sont celles auxquelles nous nous accrochons. Par exemple, dans votre travail, vous accomplissez des tâches routinières avec familiarité. Parfois, quelque chose d’inhabituel se produit comme par exemple un problème que vous n’avez jamais essayé de résoudre auparavant. Après avoir tenté de trouver une solution, vous échouez et vous demandez conseil auprès de quelqu’un d’autre, votre patron, par exemple. Il vous répond « je suis trop occupé ». Plus tard dans la journée et la soirée, vous repensez à sa réaction et vous ressentez de la frustration et des doutes quant à vos compétences. Vous mettez ce problème de côté. Six mois plus tard, un nouveau problème survient. Lorsque vous pensez à demander l’aide de votre patron, encore une fois vous y pensez, mais vous décidez de ne pas le faire, car vous vous remémorez ce que vous avez ressenti lorsque vous l’avez fait la dernière fois. Par la suite, vous évitez de solliciter son assistance lorsque vous avez des problèmes non résolus. Des sentiments de rancœur à l’égard de votre patron s’accroissent. Des sentiments de frustration augmentent. Des doutes quant à votre propre compétence grandissent.

S’accrocher veut dire : « Je ne veux pas que celui-ci s’en aille. » Ce qui s’est produit était si plaisant, je me suis sentie si bien que je ne veux pas que cela me quitte. Par exemple, vous apprenez que vous aurez une promotion et une importante augmentation de salaire. Vous rêvez que votre vie s’améliorera par la suite. Vous construisez des châteaux en Espagne. Ou bien il peut s’agir d’une inquiétude à savoir si vous investissez temps, argent et énergie dans un projet et que vous perdez votre investissement. Alors vous continuez à vous inquiéter. Paradoxalement, vous vous accrochez à ce qui cause la souffrance incluant les sentiments de colère, de tristesse ou de rancœur croyant bêtement que si vous demeurez avec ces sentiments assez longtemps ils se transformeront en une forme de bonheur. Vous leur permettez de demeurer en vous et ainsi renforcer les blocages du passé plutôt que de faire un petit effort délibéré et immédiat pour « lâcher prise ».

Les blocages sont une accumulation d’énergie autour d’expériences non résolues. Ils peuvent se manifester sous forme d’inquiétudes ou de peurs à propos des choses envers lesquelles nous sommes hostiles, de ce que nous trouvons difficile voir même douloureux et sous forme de fantasmes à propos de désirs et d’attachements que nous considérons comme plaisants. Ils sont un sous-produit de la perspective égoïste qui dit « je suis le corps », « je suis mes mémoires » et « je suis mes émotions et sentiments ». Cela reflète la confusion du mental créée par l’égoïsme, c’est-à-dire que le bonheur ou le malheur se trouve « à l’extérieur » dans les choses auxquelles nous sommes attachées ou que nous avons en aversion. Le fleuve de la vie amène des millions d’expériences pour chacun de nous, mais l’égoïsme, l’habitude de s’identifier à ce que nous ne sommes pas, contracte la conscience autour de certaines d’entre elles et s’y agrippe. Nous préférons nous y accrocher plutôt que de les laisser passer avec tout le reste sur le chemin vers l’océan infini de notre Être.

Au fur et à mesure que nous avançons dans la vie, nous construisons des milliers de blocages. À un certain niveau de leur développement, ils fusionnent pour former des samskaras ou habitudes, qui ensuite contrôlent notre comportement et forment notre karma. Par conséquent, nos énergies bougent de façon assez prévisible en cherchant les mêmes objets de désir, évitant les mêmes limites qui nous conduisent à l’extérieur de notre « zone de confort », réagissant émotivement aux situations plutôt que consciemment.

La pratique du yoga est avant tout un processus qui élimine ces blocages. Dans ce processus de purification, l’on commence à les remarquer durant la méditation et, par la suite, en les notant dans son journal de méditation. Le fait d’enregistrer ses méditations dans un journal offre la possibilité de transformer une expérience subjective comme « je m’inquiète à propos de X » en une expérience objective, lorsque mis sur papier et observé de la perspective de notre vrai Soi, le Témoin. L’élimination de ces blocages se produit en temps réel lorsque l’on fait l’effort de « lâcher prise » sur eux et de cesser de s’inquiéter, de fantasmer, d’y demeurer et de les « transmettre ». C’est un processus de chaque instant qui demande du discernement et de l’effort. Le discernement est l’action de reconnaître ce qui est permanent de ce qui est impermanent, ce qui est source de joie de ce qui est source de souffrance. C’est l’ego qui pense « j’ai », « j’ai besoin », « je veux » ou « j’ai peur ». C’est notre âme, le Témoin intérieur, qui est dans un état continuel de joie inconditionnelle. Elle n’a pas de préférence. Elle ne manque de rien.

Ce processus n’exclut pas l’effort que nous devons faire pour changer les choses « à l’extérieur » lorsque des événements se produisent. Lorsqu’une action est requise, l’on s’occupe des situations et des problèmes habilement. Le yoga est l’habileté en action. L’on recherche le conseil intuitif. L’on agit consciemment, sans préférences de l’ego. L’on parle seulement après réflexion, de ce qui est nécessaire, de ce qui aide. C’est un chemin de purification, de « travail sur nous-mêmes », où l’on s’occupe des tendances (vasanas) qui contraignent notre mental à s’inquiéter ou à fantasmer même après que l’on se soit occupé des événements et de leurs problèmes. L’ego fait l’erreur de chercher le bonheur en s’imaginant ce qui devrait se passer « à l’extérieur ». Lorsque la vie ne nous offre pas cela, l’ego fait de gros efforts pour changer ce qui est « à l’extérieur » jusqu’à ce que cela fonctionne ou qu’il s’abandonne à la frustration et la dépression. À l’opposé, le yogi réalise que l’on peut choisir de ne pas s’accrocher aux sources habituelles de plaisirs ou d’inquiétudes. Le yogi garde son attention à l’intérieur sur les mouvements du mental et du corps vital, les désirs et les émotions, les préférences et les aversions et il choisit de « lâcher prise » sur eux. Le yogi cherche le moyen de rester calme, « équanime », comme le Témoin. Ce faisant, le yogi trouve une joie immense dans le moment présent. La réalisation du Soi est le moyen et l’objectif du yogi. Face aux évènements, on est « calmement actif et activement calme ». L’on accomplit notre devoir en tant que karma yogi, détaché des résultats, en reconnaissant que « l’on n’est pas celui qui fait ». On est l’observateur tourné vers et abandonné au Seigneur, qui fait tout par l’entremise de Shakti, Mère Nature et la nature humaine.

La pratique régulière de la première technique apprise dans le Kriya Yoga de Babaji est le moyen principal de faire le ménage de nos vasanas. C’est la méthode recommandée par Patanjali qui implique vairagya ou le perfectionnement du détachement.

Le flot d’énergie et le chakra du cœur

Toutes expériences provoquent un mouvement d’énergie en nous. Nos centres énergétiques, les chakras, leur répondent. Lorsqu’ils sont ouverts, les expériences circulent en nous et notre conscience se déplace vers une vibration supérieure où la joie, l’amour, la beauté et la vérité sont réalisés. Là où nous pouvons vraiment être nous-mêmes. Lorsque les chakras sont fermés, notre conscience se contracte autour de l’expérience et nous restons pris dans les dualités de la vie : avoir et perdre, bonheur et tristesse, renommé et honte. Le plus important des chakras est appelé anahata, ou région du cœur, au milieu de la poitrine. Remarquez ce que vous ressentez dans cette région lorsque vous ressentez l’amour, la force, l’inspiration, la confiance. Et ce que vous ressentez lorsque vous êtes blessé, découragé ou faible. Il peut s’ouvrir et se fermer très rapidement. Lorsqu’il le fait, le flot d’énergie change et les émotions dans votre corps vital changent aussi. Vous pouvez éprouver beaucoup d’amour pour votre partenaire, mais s’il dit quelque chose de blessant, votre cœur se ferme. Pourquoi ? C’est à cause des vasanas (tendances) non résolus décrits plus haut. Les schémas énergétiques associés aux expériences de vos cinq sens entrent en vous et sont bloqués par les schémas énergétiques non résolus de votre passé. Cela est peut-être la énième fois que votre partenaire « appuie sur vos boutons ». Il sait où ils sont et vous réagissez. Vous n’avez pas éliminé ce « bouton ».

Que se passerait-il si rien de votre passé n’était entreposé en vous ? Que se passerait-il si vous étiez comme le sage Ramana Maharshi qui a répondu lorsqu’on lui a demandé de décrire l’illumination : « Maintenant, plus rien ne peut me déranger » ? Ce serait comme marcher dans la rue tout en observant le paysage. Tout ce que vous expérimentez passe au travers de vous, laissant une impression momentanée sans laisser de traces sur l’être conscient que vous êtes. C’est la façon optimum pour votre nature de fonctionner, qui vous permet de vivre dans le moment présent dans l’amour, l’expansion, l’apprentissage et la croissance.

Alors vous avez un choix à faire : vous pouvez essayer de changer ce qui est « à l’extérieur » afin que vos blocages ne soient pas dérangés et que personne « n’appuie sur vos boutons » ou vous pouvez devenir un yogi sage et passer au travers de ce processus de purification. Plutôt que d’agir et prendre des décisions basées sur les blocages qui ont été dérangés, trouvez votre centre et observez tout simplement les mouvements du mental et du vital s’élever et descendre. Prenez place au plus profond de vous-même et laissez-les se dissoudre dans l’océan de votre être. Aspirez à l’état d’être le plus élevé que vous puissiez imaginer et concentrez-vous dessus. Votre cœur s’ouvrira et ce que vous n’êtes pas se dissoudra.

(NDLR : cet article est un extrait du livre de l'auteur, "L'illumination, ce n'est pas ce que vous pensez !", publié par Editions du Kriya Yoga de Babaji. Vous pouvez vous le procurer sur le site www.babajiskriyayoga.net)

Blockages and the heart chakra (in english)

vivekananda Mercredi août 25, 2021
Priere
By Marshall Govindan Satchidananda

Have you noticed that your mind often returns to particular memories or feelings? They might be related to individuals with whom you have unresolved issues, or they might be associated with very pleasurable past experiences, for example, related to food, sex, or winning in a competitive sport. Or they might be associated with difficult experiences that you fear repeating: a physical attack, a divorce, an embarrassing situation, rejection by someone you love or admire. Have you ever wondered why?

In the literature of classical Yoga and Tantra, these are known as vasanas (tendencies), and in modern discussions of the body–mind as blockages.

Every day, you experience thousands of things through one or more of the five senses. Most of them pass through you, and you don’t give them a second thought. But some of them set off a chain reaction of thoughts and feelings that are linked to memories and blockages, both problematic and extraordinarily enjoyable. The experiences that get stuck, that form blockages, are the ones we cling to.

For example, at work you routinely handle many familiar tasks, but occasionally you encounter an unfamiliar problem. After failing to resolve it alone, you seek your boss’s advice. Your boss tells you, “I’m too busy to help you.” Later, you observe your mind dwelling on the reaction, and feelings of frustration and doubts about your own competence arise. You put the problem aside. Six months later, another difficult problem surfaces. You consider asking your boss for help but decide not to, remembering the previous response to your request for help. So, you avoid seeking assistance from your boss when you have unresolved problems. Feelings of resentment toward your boss grow. Feelings of frustration grow. Doubts about your own competence grow.

Clinging means I don’t want this one to go away. What happened was so pleasurable and it made me feel so great that I don’t want the feeling to vanish. For example, you learn that you are getting a promotion and a considerable pay raise. You start to fantasize about how your life is going to change for the better. You start building castles in the air. Or it may involve something that you dread, for example, that after investing your time, money, and energy in a project, you will lose your investment. So, you continue to worry about it. Perversely, you cling to causes of suffering, including feelings of anger, sadness, and resentment, foolishly believing that, if you dwell on such feelings long enough, they will transform themselves into some form of happiness. Instead of making a small but deliberate and immediate effort to let them go, you allow them to hang around and reinforce existing blockages formed in the past.

Blockages involve the accumulation of energy around unresolved experiences. They may manifest themselves as fear about things we are averse to and find difficult, even painful, and fantasies about desires and attachments, typically what we have found to be pleasurable. They are a by-product of the egoistic perspective that “I am my body … I am my memories … I am my emotions and feelings.” They reflect the mind’s confusion created by egoism: that happiness or unhappiness is to be found “out there,” in things to which I am attached or averse. The river of life brings millions of experiences, but egoism, the habit of identifying with what we are not, causes our consciousness to contract around some of them, and we get hung up. We prefer clinging to them rather than letting them pass by with everything else on the way to the infinite ocean of our Being.

In the course of our lives, we gradually build thousands of blockages. Eventually, they combine to form samskaras (habits), which then control our behavior and form our karma. Consequently, our energies move in fairly predictable ways, seeking the same objects of desire, avoiding the same borders beyond our comfort zone, and reacting to situations emotionally rather than consciously.

More than anything, the practice of Yoga is the process of removing these blockages. In this process of purification, we first notice them during meditation and, afterward, by recording them in our meditation journal. The act of recording our meditation in a journal provides the opportunity to transform a subjective experience like, “I was worrying about X,” into an objective one by putting them on paper and observing them from the perspective of our true Self, the Witness. The process of removing these blockages occurs in real time when we let them go and stop worrying, fantasizing, and dwelling on them – we let them “pass on by.”

This is a moment-to-moment process that requires discernment and effort. Discernment is the act of distinguishing the permanent from the impermanent, the source of joy from the source of suffering. The ego thinks, “I have … I need … I want … I fear,” but our soul is the Witness within. In a continuous state of unconditional joy, it has no preferences. It lacks nothing.

This process does not preclude changing things “out there.” We can deal with situations and problems skillfully when they require action. After all, Yoga is skill in action. We maintain our center. We seek intuitive guidance. We act consciously, without ego-bound preferences. We speak only after reflection and say only what is necessary and helpful. Rather, this process of purification, of “working on yourself,” addresses the vasanas, the tendencies that cause the mind to worry or fantasize even after the events and the resulting problems have been dealt with.
The ego makes the mistake of trying to find happiness by imagining what outcome it needs to be happy. When life fails to deliver, the ego expends enormous effort on changing things out there, until either things change or the ego gives up in frustration and depression.

On the contrary, as karma Yogis we realize that we can choose not to cling to familiar sources of pleasure and pain. We focus our attention inside, on the movements of the mind and vital body, on desires and emotions, and on likes and dislikes, and then we choose to let them go. We seek, as the Witness, to remain calm and equal-minded. In doing so, we find immense joy moment to moment. Self-realization is the means and the objective of the Yogi. Faced with events, we remain “calmly active and actively calm.” As karma Yogis, we fulfill our duty, unattached to the results, recognizing that we are not the doer. We are observers, turning and surrendering to the Lord, who does it all through the agency of Shakti, Mother Nature, and human nature.

The regular practice of the first meditation technique taught in Babaji’s Kriya Yoga is the pre-eminent means of resolving our vasanas. It is Patanjali’s recommended method, involving vairagya (the cultivation of detachment).

The flow of energy and the heart chakra


Every experience sends a movement of energy through us. Our energy centers, the chakras, respond to them. When they are open, the experiences flow through us, and our consciousness attains a higher vibration where joy, love, beauty, and truth are realized – where we can be who we truly are. When the chakras are closed, our consciousness contracts around the experience, and we get caught in the dualities of life: acquisition and loss, happiness and sorrow, fame and shame.

The most important chakra is the anahata (heart center) in the middle of the chest. Notice how this area feels when you experience love, strength, inspiration, and confidence. And how it feels when you feel pain, discouragement, and weakness. It can open and close very quickly. When it does, the flow of energy changes, and the emotions in your vital body change as a result. You may be feeling great love for your partner, but then they say something hurtful and your heart closes. Why? It is because of the unresolved vasanas described above. The energy patterns associated with the experiences of your five senses flow into you and become blocked by poorly digested, unresolved energy patterns from your past. Your partner may “push your button” repeatedly, and you always react because you haven’t removed the button.

What if nothing from the past were stored within? What if you were like the sage Ramana Maharshi, who, when asked to describe enlightenment, replied: “Now, nothing can disturb me anymore.” It’s like walking down the street, taking in the scenery. Everything you experience as a fully aware being passes through you, leaving only a momentary impression with no lasting effect. Optimally, this is how your nature should work, allowing you to live in the present moment, loving, learning, expanding, and growing.

It’s your choice: try to change external events so that your blockages are not disturbed and your buttons are not pushed, or become a wise Yogi and go through this process of purification. Instead of basing your actions on how your blockages have been disturbed, find your center and simply watch the movements of the mind and vital body rise and fall. Sit deep within and allow them to dissolve in the ocean of your being. Aspire to the highest state of being that you can imagine and concentrate on it. Your heart will open, and what you are not will dissolve.

(Editor's note: this article is an excerpt from the author's book, Enlightenment is not what you think, published in May 2016.)

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